La première fois qu’un éditeur a accepté mon manuscrit, j’ai téléphoné à ma mère, ma sœur, mon mari, et j’ai fait une danse de la joie.

La première fois que j’ai été publiée, j’ai actualisé 48 fois par minute la page Amazon pour voir si j’avais un commentaire.

La première fois que j’ai eu un commentaire, c’était un 5/5 et je ne connaissais même pas la personne qui l’avait posté. J’ai fait une danse de la joie.

La première fois que j’ai dédicacé, je n’avais pas de livre, juste des cartes postales, et j’ai cru que la file de lecteurs était pour un auteur populaire qui devait être à côté, alors j’ai commencé à râler que c’était trop injuste. Et ma Gala m’a dit « Non ma Fleur, je crois qu’ils viennent nous voir nous. » Elle avait raison, j’ai fait une danse de la joie dans ma tête en vous rencontrant.

La première fois qu’un magazine a parlé de moi, j’ai prévenu toute la famille jusqu’aux 7° degré pour qu’ils achètent chacun 3 exemplaires, au cas où.

La première fois qu’un mari de lectrice m’a envoyé un message privé pour me remercier d’avoir boosté la libido de sa femme avec Feeling Good, je ne savais plus où me mettre, j’ai répondu « de rien » et j’ai eu un fou rire nerveux.

La première fois que j’ai eu le syndrome de la page blanche, j’ai cru que jamais, tu entends, jamais plus je n’écrirai une ligne !

La première fois que j’ai touché des droits d’auteure, c’était moins de 100 euros et je n’ai jamais plus été aussi euphorique qu’à cet instant. J’ai fait une danse de la joie et j’ai commandé chez le traiteur Indien pour fêter ça avec mon mari et ma fille. J’ai fait une indigestion de naans, mais ça en valait le coup.

La première fois qu’une lectrice est venue me voir en dédicace, les larmes aux yeux, pour me remercier d’avoir écrit les Bottes Rouges, j’ai pleuré.

La première fois que j’ai écrit un manuscrit médiocre, je me suis dit que jamais, tu entends, jamais plus je n’écrirai une ligne !

La première fois que j’ai signé un contrat chez un éditeur traditionnel qui proposait des à valoir, j’ai fait une danse de la joie.

La première fois que je suis passée à la radio, je n’ai pas bafouillé, mais je ne me souviens plus de ce que j’ai dit et j’ai refusé de m’écouter en différé.

La première fois que j’ai eu une chronique assassine, c’était dans un webzine et la lectrice était aussi auteure, je me suis demandé si elle aurait bien encaissé qu’on accuse son livre de ne pas valoir l’encre et le papier sur lequel il était imprimé.

La première fois que j’ai été interviewée pour un magazine, j’ai rencontré une femme formidable et nous avons parlé pendant 2h au téléphone.

La première fois que j’ai signé un contrat sur synopsis, je me suis dit que jamais, tu entends, jamais plus je ne le ferai.

La première fois que j’ai changé d’éditeur, j’avais la trouille et l’impression de me jeter dans le vide sans filet de sécurité.

La première fois que j’ai reçu un cadeau de lectrice, j’ai cru qu’il y avait erreur, que c’était pour quelqu’un d’autre, ça ne pouvait pas être pour moi, juste parce qu’elle avait adoré mon livre. J’étais embarrassée mais ça ne m’a pas empêchée de faire une danse de la joie.

La première fois que j’ai dédicacé à l’étranger, on m’a demandé où étaient les toilettes et j’ai ri, mais ri…

La première fois qu’on m’a arrêtée dans la rue pour me dire « vous ne seriez pas Fleur Hana, par hasard ? » n’est jamais arrivée, mais ce serait drôle si ça arrivait un jour et que je réponde : « Non, c’est à côté. »

La première fois que je suis devenue auteure, c’est quand quelqu’un a pris le temps de me lire. Et c’est une première fois qui se produit dès que quelqu’un ouvre un de mes romans. Et ça, je ne m’y habituerai jamais. Mais j’espère que ça ne s’arrêtera jamais non plus.

Et vous, votre première fois, elle était comment ?

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