Pour cette série d’articles consacrée aux coulisses de l’édition, je vais me baser sur mon expérience et forcément, rien de ce que je vais vous dire n’est exhaustif. C’est simplement le fruit de ce que j’ai pu observer ces 6 dernières années. Nous allons partir dans l’idée que votre texte est déjà prêt à être proposé pour la publication.

Dans ce premier épisode, nous abordons la première étape : la soumission du manuscrit aux maisons d’édition.Click to Tweet

Avant d’envoyer votre manuscrit, il vous faut déterminer dans quel genre se classe votre ouvrage. Moi qui suis contre les cases, je dois reconnaître que c’est un passage obligatoire auquel il est impossible de déroger. Que ce soient les libraires, les commerciaux, les lecteurs et donc, les éditeurs, ils veulent tous savoir quelle étiquette coller sur votre texte. Identifiez donc quel est le genre dominant de votre roman et partez de là pour vos premières recherches.

Pour commencer, je vous conseille d’établir une liste de tous les éditeurs avec qui vous aimeriez travailler et dont la ligne éditoriale correspond à votre roman. C’est très important de cibler correctement afin d’éviter la lettre de refus automatique « votre roman ne correspond pas à notre ligne éditoriale ». Après, personne n’est à l’abri de cette fameuse lettre. J’ai moi-même soumis une romance new adult pour la collection d’une maison qui ne publie que ce genre et j’ai très rapidement reçu un courrier m’indiquant que je n’entrais pas dans leur ligne éditoriale. Or je sais que j’y entrais, cette lettre peut donc signifier deux choses. Soit ils n’ont pas lu mon texte, et comme les éditeurs en reçoivent énormément chaque semaine, ce serait plausible. Soit ils l’ont lu, ne l’ont pas apprécié, et n’avaient pas envie d’entrer dans les détails du refus.

Car si vous vous attendez à ce que chaque refus occasionne une explication, vous serez déçu. En effet, les éditeurs n’ont pas le temps d’entrer dans le détail et lors des sélections de manuscrits, ils vont rarement au bout de leur lecture si dès le début ils sentent que ça ne va pas leur convenir. C’est logique pour eux, frustrant pour les auteurs, mais il vaut mieux s’y préparer. Certains prennent d’ailleurs le temps d’argumenter leur refus, mais ils sont rares et ne constituent pas la norme.

À partir de cette liste, faites des recherches un peu plus poussées sur chaque maison. Parcourez son catalogue de titres, feuilletez des ouvrages en librairie, suivez-le sur les réseaux sociaux pour voir quel type de promotion et ton de communication sont utilisés pour les livres qu’il publie… Il ne vous viendrait pas à l’esprit de postuler à une offre d’emploi sans connaître l’activité de l’entreprise, c’est le même raisonnement pour une soumission de manuscrit.

Ma façon de procéder est la suivante, ce n’est sûrement pas la meilleure mais elle fonctionne pour moi donc je vous en fais part.

Classez par ordre de préférence les éditeurs qui vous ont le plus séduits et où votre texte aurait sa place.Click to Tweet

Sélectionnez par exemple les 10 en haut de la liste : c’est à eux que vous allez envoyer votre texte en premier. Réservez les maisons qui vous emballent moins pour le cas où vous n’obtiendriez que des refus de ces éditeurs. Car le cas de figure qui arrive souvent est qu’une maison « moyenne » qui était votre second choix accepte votre manuscrit. Ce serait déjà très bien, mais la maison de vos rêves n’a pas encore répondu. Vous devrez donc choisir entre signer avec l’éditeur « second choix » sans savoir si la première aurait pu dire oui, ou refuser cette proposition dans l’espoir d’être signé par la maison de vos rêves avec laquelle vous n’avez aucune certitude de travailler. Donc en bref, procédez par étapes et ne soumettez d’abord votre texte qu’aux maisons où vous aimeriez vraiment être publié.

Une fois que vous avez ciblé les éditeurs qui pourraient être intéressés par votre texte pour leur catalogue, vous devez vérifier les conditions de soumission. En général, elles sont notées sur leur site Internet, et constituent une première étape. Si vous ne prenez pas la peine de vous en informer, ils le verront immédiatement et élimineront probablement votre manuscrit sans le lire. C’est aussi une façon pour eux d’épurer la quantité de manuscrits qu’ils reçoivent. Leurs exigences sont souvent sur la mise en page, la typographie, parfois ils demandent un résumé détaillé de tout le roman, y compris des retournements de situation et du dénouement. Renseignez-vous bien et ôtez-vous de la tête l’idée de faire une salve d’envois groupés à tous les éditeurs.

La soumission de votre manuscrit demande du temps et de la minutie afin de mettre toutes les chances de votre côté.Click to Tweet

La plupart des éditeurs, de nos jours, vous donnent la possibilité, voire l’obligation, d’envoyer votre roman par email. Il reste quelques irréductibles qui exigent une version papier qui ne vous sera retournée, d’ailleurs, que si vous fournissez dans votre envoi une enveloppe affranchie pour le retour. Personnellement, je trouve ce procédé archaïque, pas du tout écolo, et lorsque je soumets un manuscrit, j’ai tendance à éliminer d’office les éditeurs qui n’acceptent pas une version digitale. C’est sûrement une erreur de ma part mais je me dis que si les éditeurs ont leurs propres critères de sélection, après tout, je peux avoir les miens.

Ensuite, prenez votre mal en patience. Les délais de réponse sont longs, parfois très longs. Il faut compter minimum 3 mois pour une réponse rapide, en moyenne 6 mois et bien souvent 1 an. Si vous recevez une réponse extrêmement rapide, méfiez-vous. Certains petits éditeurs numériques, par exemple, n’ayant pas foule au portillon car n’ayant pas une excellente réputation, sont à l’affut d’auteurs à signer pour remplir leur catalogue. Soyez prudents, lorsque ça se passe trop vite, il faut mener son enquête. L’idéal étant bien entendu d’avoir mené cette enquête avant vos soumissions comme je vous en parlais plus haut.

N’envoyez pas votre texte à une seule maison. Envoyez en simultanée à plusieurs. C’est important car avec les délais, si vous devez attendre les réponses une par une pour envoyer à d’autres maisons, vous y seriez encore dans 10 ans. Par contre, si vous signez un contrat sans avoir reçu toutes les réponses, prévenez les autres maisons que le texte n’est plus disponible. Vous éviterez à tout le monde de perdre du temps. Un éditeur que vous n’auriez pas prévenu est peut-être en train de rédiger une proposition de contrat et sera contrarié en réalisant que votre roman est déjà signé ailleurs. Ce serait dommage de se faire blacklister car vous ne savez pas si un jour, vous serez amené à travailler avec cet éditeur. Et de toute façon, c’est la base de la correction.

Le jour où vous aurez une réponse positive, vous aurez peut-être même plusieurs réponses positives, il vous faudra prendre une décision. Je me suis retrouvée dans cette situation à plusieurs reprises, à devoir choisir entre deux éditeurs. Avant de signer quoi que ce soit, pensez à bien vous informer sur les termes du contrat. Ce sera précisément le thème du prochain article sur cette série consacrée aux coulisses de l’édition. Si vous avez des questions sur la soumission de manuscrit ou de manière plus générale sur l’édition, n’hésitez pas à me contacter : par mail (adresse sur la droite), en commentaire de cet article, en mp sur ma page Facebook ou mon compte Instagram (oui, je suis partout, ou presque). Si je suis en mesure d’y répondre, je le ferai volontiers.

J’espère que ces conseils vous seront utiles. À très bientôt pour le deuxième volet des coulisses de l’édition et si vous ne voulez manquer aucun article, pensez à vous abonner au blog (dans la barre à droite) ou même à la Newsletter (tout en haut de cette page).

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