Le mois de novembre est chargé en événements par chez moi. Halloween en fait partie car c’est ma 2° fête préférée de l’année. Normalement, on se déguise, mais comme je suis malade, ce sera surtout couette et infusion pour moi !

Que vous célébriez ou non Samain, je vous invite à découvrir ce court bonus de Et tu embrasseras mes larmes, où vous retrouvez Angie & Valentin à l’occasion d’un 31 octobre. Attention, toutefois, sans avoir un énorme risque de spoil, ce bonus est à lire après le roman car la scène se situe après la fin.

Happy Halloween à vous ! Je retourne dans la chaleur de mon lit avec ma bouillotte et mon chat, car ce soir je serai une sorcière enrhumée et je n’aurai donc pas besoin de déguisement : mon allure fait le job !

– Non.
– Pourquoi Joss a eu le droit à un cupcake spécial Halloween et moi pas ?
– Parce que je suis déguisé.
Josselin enfourne son gâteau en entier dans sa bouche et peine à le mâcher. Vu le sourire qu’il tente d’afficher, je suis convaincue qu’il est tellement content de narguer Valentin que l’idée qu’il pourrait mourir étouffé avec de la crème de marrons ne l’a même pas effleuré. Je reporte mon attention sur Valentin pendant que Joss essaie de contenir le cupcake qui déborde sur son menton.
– L’affiche est très claire : seuls les clients portant un costume peuvent bénéficier d’une pâtisserie gratuite.
– Je suis venu avec un costume !
Je l’observe de la tête aux pieds. Ses cheveux sont un peu plus en bataille que normalement, mais je le soupçonne d’être sorti du lit il y a peu de temps. Sinon, il porte son blouson de cuir habituel, un t-shirt blanc, un jean délavé qui a bien vécu et ses bottes de moto. Du coup, je lui lance :
– Si tu es déguisé en toi-même, ça ne compte pas.
Il baisse les yeux et soupire avant de glisser la main sous le col de son t-shirt et d’en sortir un collier au bout duquel est accroché un vieux cadenas doré qui, lui aussi, a vu des jours meilleurs.
– Je suis Sid Vicious.
Je fixe son accessoire miteux plusieurs secondes sans trouver quoi répondre. Joss me sauve en l’examinant de plus près.
– Si je peux me permettre, j’espère que tu as gardé la clef.
– Si je peux me permettre, réplique Valentin, tu as des miettes un peu partout sur la tronche.
Le carillon de l’entrée, que j’ai conservé du disquaire, sonne et nous tournons tous la tête pour accueillir la cliente habillée en citrouille. J’aimerais pouvoir dire que ma meilleure amie est totalement ridicule dans son énorme costume orange, mais quoi qu’elle porte, Anita reste sexy sans même le faire exprès.
– Dis donc, Valentin, on s’était tous mis d’accord pour jouer le jeu !
– Je suis Sid Vicious ! Il est soupçonné d’avoir tué Nancy, je suis parfaitement dans le thème et j’ai mérité mon cupcake !
Joss rejoint Ana pour l’aider à passer la porte, son costume l’empêchant de se faufiler. Si on peut considérer qu’une citrouille soit en mesure de se faufiler. Ils forment un bon duo, tous les deux, puisque Joss porte une tenue de vampire qui lui donne un petit air de Brad Pitt dans Entretien avec un vampire grâce à ses cheveux longs. Le seul à ne pas être raccord est celui qui la ramène à nouveau :
– Juste un…
Mon boulet de petit ami joint les mains et tente de m’amadouer. S’il n’était pas fourré au salon de thé H24 pour travailler et, accessoirement, dévorer une bonne partie de mon stock de cupcakes, j’aurais sûrement cédé. Mais j’espère que notre offre spéciale Halloween va porter ses fruits et que de nouveaux clients vont arriver. Pas question de filer mes gâteaux promotionnels à ce ventre sur pattes. Non pas que ça se remarque, son estomac étant parfaitement plat et ferme. La vie est d’une injustice totale lorsqu’il s’agit de métabolisme. Car à force de goûter tout ce que mon amie Sarah concocte pour mon commerce, je commence à avoir une bonne petite bouée à la taille. Et je préfère ne pas parler de mon cul.
– Tu ne travailles pas, le 31 octobre ? je lui demande pour changer de sujet en me détournant vers la machine à café.
Je l’entends marmonner dans mon dos et souris en allumant le percolateur qui couvre sa ridicule imitation de ma question.
– Le rembourrage est trop compact ! s’écrie Joss lorsque je pose sur le comptoir le cappuccino qu’Anita va immanquablement me commander.
J’observe mon amie pousser sur le cadre de la porte pendant que Joss l’entoure tant bien que mal de ses bras et l’attire vers l’intérieur. Dans un réflexe qui confère à l’instinct de survie quand on fait partie d’une bande d’amis, je sors mon portable et filme la scène. J’ajouterai ça au dossier que je possède sur eux et qui me permet d’équilibrer la donne quant au nombre de photos et vidéos de moi qu’ils ont de moi. L’écran tremble tellement je ris à les voir galérer et s’engueuler en même temps. Quand deux mains se posent délicatement sur la bouée susnommée, je sais que Valentin n’a pas rendu les armes concernant son cupcake. Et je sais aussi que je finirai par le lui donner, mais c’est bien plus marrant de le laisser me supplier.
– Tu crois qu’on devrait les aider ?
Je secoue la tête en me calant contre lui.
– Pas question, je te rappelle que Joss n’a toujours pas réparé ma porte et qu’Anita m’a giflée. C’est le karma que tu observes à l’action. Il ne faut jamais intervenir lors d’une rétribution karmique.
– Tu n’as aucun scrupule. Mais comme tu portes une tenue d’infirmière sexy, je…
– Je suis un zombie ! Une infirmière zombie avec des lambeaux de peau qui pendent sur ma joue ! Comment peux-tu me trouver sexy ?
Je me retourne et oublie la scène se jouant dans l’entrée pour me concentrer sur le Sid Vicious en carton-pâte qui m’offre son plus beau sourire en guise de réponse.
– La flatterie ne te permettra pas de dévaliser ma banque de pâtisseries.
– Angie ! Merde ! Juste un !
– Reviens avec un véritable costume et je t’en offrirai un avec un immense plaisir. Maintenant, sors d’ici : seul le personnel est autorisé derrière le comptoir.
– Tu n’as pas de personnel, me fait-il remarquer.
– Exactement.
Tout en arborant une moue boudeuse qui me rappelle que, pour beaucoup, Valentin est encore le petit garçon qui suivait sa mère partout lorsqu’elle lui préparait de bons goûters, il retourne côté clients et enfourne ses mains dans les poches de son jean. Un fracas nous signale qu’Anita a enfin réussi à passer la porte. Avec Joss, ils sont étalés au sol dans un mélange de cape, fausses canines et lycra orange que je m’empresse de prendre en photo.
– Comment as-tu fait pour sortir de chez toi ?
Mon amie fixe Valentin de son regard le plus acéré et lui répond :
– J’ai dû le retirer et le remettre sur le palier. Je t’interdis de rire !
Le sourire qui étire les lèvres de l’homme que j’aime me donne envie de lui offrir tous les cupcakes de la vitrine, l’entraîner dans l’arrière-boutique et me blottir dans ses bras sur le canapé pendant qu’il les dévore. J’ai bien entendu d’autres idées censurées qui me viennent à l’esprit, mais à ses côtés, j’ai découvert le plaisir d’être juste avec l’autre. Celui qui nous complète si bien qu’on a l’impression qu’il manque un bout de notre âme quand il est loin. Celui qui parvient à comprendre notre humeur en un regard et sait immédiatement de quelle façon l’améliorer. Celui qui sait lorsque je pense à Damien et me serre contre lui jusqu’à ce que mon cœur s’apaise.
Sans un mot, je récupère un cupcake orné d’un Oréo d’où dépassent des pattes en rouleau de réglisse pour figurer une araignée. Je le lui tends, juste pour que son sourire dure un peu plus longtemps. Juste pour moi. Parce que c’est aussi simple que ça, parfois. Un sourire de lui et ma vie prend tout son sens.

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