Cupcakes & Co – Tome 2 /3

  • Chicklit policière
  • Série en cours, 3 tomes prévus : Cupcakes & Co – Tome 2
  • 1° édition 2020
  • Disponible en grand format papier et numérique

Présentation

Comment suis-je passée de la farine au LSD ?


Au départ, je voulais juste déguster une glace sur la Croisette. J’aurais dû me douter que ça ne serait pas aussi simple. Surtout depuis que le lieutenant Vasseur s’est tapé l’incruste dans ma vie, il y a un an. On devait se promener, profiter du soleil…


Enfin ça, c’était la théorie.


La pratique ? Aujourd’hui, me voilà sous couverture, à fumer des joints et chanter du Didier Barbelivien sur un yatch en Méditerranée, pendant que ma tortue dépressive et mon poney nain se font un remake de Prison Break !


Respire, Charlie, ça ne peut pas être pire, non ?


Découvrez la suite des aventures de Charlotte Monroe, Maxence Vasseur, Jolly Jumper, T-Rex et bien sûr Gina !


Tu l’as lu ?

N’hésite pas à laisser ton avis sur Amazon (et/ou les autres plateformes de lecture), car il peut aider d’autres lectrices et lecteurs à lui donner sa chance ! Merci à toi ^^


Mot de l’autrice

Je ne me souviens même plus des circonstances dans lesquelles j’ai eu l’idée de cette série. Je me rappelle uniquement de m’être dit “dans ce roman, lâche-toi, reprends l’humour de Feeling Good, le tien, sans censure, éclate-toi !”

C’est ainsi que j’ai choisi d’écrire une chicklit, où les situations ubuesques sont permises et où le contrat de départ est clair : on est là pour passer un bon moment sans se prendre la tête !

Cette série est ma cour de récréation entre deux romans aux sujets plus sombres, et j’espère qu’elle sera également la tienne ^^


Vos avis

Une suite sublime, avec le même humour que le tome 1 et toujours la même manière de se mettre dans les embrouilles.

C’est rocambolesque, divertissant, drôle, émouvant aussi sur certains passages.

Charlotte et Vasseur sont des personnages attendrissants spontané, et addictifs… au point que j’espère vraiment une suite … encore.

Impossible de les lâcher, je les aime trop.

C’est une histoire que je relirai avec un très grand plaisir.

Cécile André

J’ai ri comme une baleine, histoire intéressante, bien écrit, chacune d’entre nous peut se retrouver en charlotte et suite logique aux trois premiers ! Je suis fan !

Josiane

Une petite pépite !

Drôle pétillant comme à chaque fois je passe un très bon moment. Vivement la suite.

Samantha Daniel

Premier chapitre offert

Chapitre 1

– Je t’avais dit que ce serait blindé de monde.

Maxence râle, mais il ne me gâchera pas le plaisir de cette sortie en amoureux. Je l’ai prévue depuis trop longtemps pour qu’il la sabote avec sa mauvaise humeur. Et puis réagir à son manque d’enthousiasme n’est jamais une bonne idée. Pour commencer, il se lance sûrement des paris à lui-même sur le temps que je peux tenir sans me plaindre de son attitude. Ensuite, il est peut-être hyper heureux, c’est juste qu’il affiche la même expression en toutes circonstances. Enfin, il essaie, mais c’est sans compter mes nouveaux pouvoirs de perception le concernant. Pas encore tout à fait infaillibles, n’empêche qu’ils m’avertissent toujours quand je lui tape sur les nerfs. Lui, il dirait que mon superpouvoir est de briser son impassibilité, mais sans le faire exprès. Comme si je n’étais pas en mesure de… OK, c’est bon, je prends même les talents involontaires, je ne suis pas chipoteuse, toute victoire me met en joie. Et moi, quand je jubile, ça se voit. Lui… bref, j’ai envie de profiter de cette belle après-midi sur la Croisette. L’été vient à peine de démarrer et il y a déjà une foule incroyable, Maxence a raison. Ça ne m’empêche pas d’apprécier la promenade. On ne fait rien de spécial, certainement pas du shopping. Ce n’est pas avec mes dettes et le salaire de flic de mon lieutenant qu’on peut s’offrir quoi que soit dans les boutiques de luxe sur le front de mer. Jouer les touristes me suffit, ça nous change de notre quotidien.

Je m’arrête devant un glacier et lorgne sur la carte. Il n’est noté nulle part qu’elles sont artisanales et ça tombe bien : j’ai toujours préféré les goûts bien chimiques. Je le sens s’approcher, derrière moi, il passe le bras autour de ma taille.

– Une double vanille-fraise, s’il vous plaît, lance-t-il à la vendeuse.

– Moi aussi, j’en veux une ! je proteste en tournant la tête pour le voir.

Il m’embrasse sur le front.

– C’est pour toi.

– Et si j’avais voulu un autre parfum ?

– C’est le cas ?

– Non, mais…

– Alors prends ta glace et mange-la. En silence, si possible.

Toujours aussi aimable, Vasseur. Ceci dit, étant donné que je récupère en effet mon cornet et m’y attaque allègrement, son ton bourru ne me préoccupe plus du tout. Il y a des priorités dans la vie. Il saisit ensuite ma main et m’entraîne vers le muret délimitant le trottoir et la plage. Le sable est déjà presque totalement recouvert par les gens et il y a même quelques fous dans la Méditerranée. L’eau doit être à 15°C ! Je veux bien qu’on soit sur la Côte d’Azur, mais faut pas pousser non plus. À cette température, tu ne m’y fais pas plonger un bout d’orteil. La dernière fois que j’ai mis un pied dans la mer, d’ailleurs, c’était par erreur. Oui, je voulais prendre un selfie avec l’horizon dans mon dos. Disons que je ne gère pas très bien les perspectives en effet miroir. Et que ce n’est pas que mon pied qui s’est retrouvé immergé. Je relativise en imaginant que j’aurais pu être au bord d’une falaise dans le Grand Canyon, faut toujours voir le positif.

– Tiens, la voilà, ta mer ! déclare une jeune femme rousse accompagnée de ses amies, une brune et une blonde.

– À croire qu’elle ne vient que pour ça, enchaîne la blonde en souriant. Si on est là, tant mieux, sinon elle se passe de notre compagnie.

– Les filles, énonce calmement la brune, comme si elle parlait à deux enfants, vous, la mer, poursuit-elle en les montrant puis en indiquant la plage du pouce. Y a pas photo.

Elle en reste là et ses amies semblent habituées. J’observe des tranches de vie, appuyée à l’affreux mur en béton. Je m’émerveille toujours des réactions de ceux qui ne vivent pas toute l’année dans notre région, ça me rappelle qu’en effet, on a de la chance : d’un côté la mer, de l’autre les montagnes, le soleil au-dessus et…

– Hunter March ! s’exclame un grand bonhomme en se plantant devant nous.

De surprise, je cogne ma glace contre mon nez et me redresse en regardant tout autour. Je m’essuie en découvrant l’air fermé de Maxence. Il tend la main à l’inconnu et lui sourit d’une façon tellement inhabituelle, que, cette fois, j’en oublie de manger. La crème me coule sur les doigts pendant que je cligne des yeux. Et puis ça fait tilt.

– Et cette charmante demoiselle est…

Prise d’une soudaine inspiration, je lui présente ma main disponible, la gauche, en invoquant toute la grâce dont je suis capable. Pas contrariant bien que surpris, il se prête au protocole du baisemain.

– Marie-Bathilde, sa fiancée, enchantée.

Je… Quoi ? Pourquoi ? Je viens de me geler le cerveau avec ma glace, je ne vois que ça. Et d’après son subtil froncement de sourcils (que seule une aguerrie dans mon genre peut noter), « Hunter » adore mon numéro. Je suis douée en impro, qu’y puis-je ?

– Gilles Durand, de même. Fiancée ? ajoute-t-il en reportant son attention sur Maxence. Mon cher Hunter, vous me cachez des choses…

Si son ton se veut léger, son regard est, quant à lui, inquisiteur, et un frisson parcourt ma colonne vertébrale à la manière dont il m’observe. Il doit mesurer près d’un mètre quatre-vingt-dix et sa posture est digne de celle d’un prince. Mais ce n’est pas Albert, j’en suis certaine. Il est évident que le prince ne se promènerait pas sans… je ne sais pas… la garde royale ? Je crois que Game Of Thrones m’est aussi monté au cerveau. Et puis de toute façon, ce Durand doit approcher la cinquantaine, et Albert a… est-il seulement toujours en vie ? En tout cas, les tempes de celui qui ne peut pas être le prince monégasque grisonnent légèrement, et son visage est lisse, basané par le soleil, mais impeccable. Il porte une chemisette et un pantalon de lin, avec des mocassins marron tressés. Les RayBan qu’il repose sur son nez un peu grand m’empêchent de distinguer la couleur de ses yeux. Je lui offre donc mon sourire le plus niais en stock. Facile, dirait Vasseur, ça me vient naturellement. C’est le moment que « Hunter » choisit d’ailleurs pour se rapprocher et m’enlacer.

– J’ai fait ma demande le week-end dernier, Gilles, c’est tout frais. Pour tout avouer, vous êtes le premier au courant.

– Mes félicitations ! Permettez-moi de vous présenter Éléonore, ma nièce.

Il tend le bras derrière lui et une jeune femme s’avance. On dirait qu’elle attendait dans les coulisses que son oncle lui donne le feu vert. Elle nous adresse un franc sourire. Elle est bien plus petite que Gilles, elle doit faire ma taille, et ses cheveux presque noirs sont rassemblés en une tresse sophistiquée sur son épaule. De grands yeux bruns passent de Maxence à moi, directs et assurés. Elle doit avoir une vingtaine d’années, et son visage m’évoque celui d’une Barbie, mais au naturel. Je sais qu’il faut un paquet de maquillage pour obtenir un effet nude réussi, et elle maîtrise visiblement cet art. Une robe saumon à col Claudine qui fait très petite fille contraste son attitude, sa peau semble naturellement hâlée et elle tient une minuscule et élégante pochette à la main. Là-dedans, je rentre à peine un mouchoir, et encore, pas sûre… Alors que dans mon sac, c’est tout un microcosme qui se développe.

– Vous êtes en vacances dans la région ? demande Maxence sans me lâcher, protecteur.

Je comprends pourquoi il fait ça, mais ce n’est pas la première fois que je dois jouer un rôle, je ne suis pas novice en la matière. Je ne dis pas que je gère à la perfection, loin de là même, mais je me défends. OK, il se peut que quelque part dans ce monde, quelqu’un m’ait collé une malédiction chamanique aux miches, mais tant qu’on n’a pas de preuves, je me sens un peu insultée qu’il parte du principe que je ne peux pas m’en sortir seule.

– Je viens d’acquérir une petite propriété à Cannes, dans le quartier de la Californie. Ma nièce, qui fait des études de designer, va se charger de la décoration intérieure. Nous passerons l’été ici, et vous ?

– J’ai aussi acheté une villa dans le coin, pour Marie et moi.

Je suis toujours épatée par la capacité du lieutenant Vasseur à entrer dans la peau de son personnage. Il m’arrive parfois de m’interroger sur son honnêteté, surtout quand on s’engueule et qu’il fait mine de me donner raison. Je sais qu’il capitule pour avoir la paix. J’en suis certaine parce qu’il me l’a dit, mais bon, je m’en serais tout de même doutée sans ça. C’est flippant de le voir passer d’un rôle à l’autre avec autant d’aisance. Surtout quand il prend un accent ouzbek. C’est l’idée que je m’en fais, en tout cas. Moi, je n’ai pas sa capacité à masquer mes réactions, alors je m’absorbe dans la dégustation de ma glace, tout en jetant des coups d’œil furtifs à la fameuse nièce. Elle reste silencieuse en observant la scène. Lorsqu’elle lance un regard dans ma direction, je lui souris chaleureusement. Je la sens bien, elle ne s’efface pas sans pour autant avoir cette aura de vulgarité luxueuse que les touristes friqués répandent autour d’eux, dans la région.

– C’est la première fois que vous venez dans le coin ? je lui demande en me coupant de la conversation que Maxence tient avec Gilles machin-chose.

– Oui, j’ai toujours vécu à Lyon.

– Le Grand Nord, quoi !

Elle éclate de rire et son oncle l’attrape par le coude. Pas brusquement, mais fermement, de quoi asseoir son autorité sur sa nièce, je suppose. Elle n’est pas surprise, ça ressemble presque à un conditionnement. Je m’apprête à suggérer de carrément la tenir en laisse, comme ces gosses qu’on promène au bord des falaises dans l’espoir d’en perdre un ou deux (sinon pourquoi marcher au bord d’une falaise, hein ?), quand Maxence crispe ses doigts sur ma taille. C’est bon, j’ai saisi l’avertissement, et je garde ma réflexion pour moi. Alors, je sais me taire ou pas ? Voilà. CQFD.

– Nous allons vous laisser à votre promenade en amoureux. Hunter, nous profiterons d’être tous les deux sur la French Riviera pour nous voir.

Ce n’est pas une question ni même une invitation. À mes oreilles, ça sonne surtout comme une menace. Un léger frémissement me confirme que mon instinct est un peu vivant, quelque part en moi, et qu’il se souvient de certains réflexes résiduels de l’été dernier. Il est peut-être souffreteux, pourtant il vit encore et ça, c’est un excellent signe ! Si seulement Maxence pouvait le reconnaître… Au lieu de ça, bien sûr, il s’attarde sur un autre détail.

– Marie-Bathilde ? lance-t-il une fois que les Durand sont hors de portée de voix.

Je me tourne vers lui, son bras toujours sur ma taille.

– C’est venu tout seul. C’est Marie-Mathilde enrhumé, si on regarde bien.

Il secoue la tête, l’air désespéré, et m’entoure à présent totalement en me rapprochant de lui. Je sauve in extremis ma glace presque terminée. Je serais déçue que le cornet tombe alors qu’il est sûrement délicieux.

– Merci, Charlie. Désolé que tu te sois retrouvée au milieu de cette merde.

– J’ai géré, non ?

– Si tu avais le triomphe modeste, ce serait plus méritant.

– Modeste, moi ?

– Oui, tu as géré. Comme une pro.

– Tu vois ! Tu dis toujours que je suis un cas désespéré, mais…

À force de m’enthousiasmer du petit succès de mon improvisation, je gesticule et ce qui devait arriver arriva : mon cornet percute un passant et s’éclate sur le trottoir. Je le fixe, interdite, puis remonte lentement la tête, ma lèvre inférieure frémissante, pour découvrir que Maxence se retient de se foutre de moi.

– Vas-y, fais-toi plaisir, je soupire.

Il se marre. Je ne le lui avouerai pas, mais il m’arrive d’exagérer mes boulettes, juste pour entendre le son de ce rire, rare donc précieux.

– Tu réalises que tu es capable d’entrer sous couverture sans préparation ni avertissement, mais que tu n’es pas foutue de manger une glace sans t’en mettre partout et la faire tomber ?

– Partout ?

Il pose le pouce au coin de mes lèvres et essuie un peu de crème, puis le porte à sa bouche et… sale petit allumeur. J’aimerais dire qu’il est aussi avare en manifestations sexy qu’en rires, mais ce type est un appel à la luxure sur pattes. Et il le sait. Je grogne de frustration et indique le camion de glacier plus loin :

– Pour m’avoir chauffée quand on ne peut rien y faire, rachète-moi une glace.

– Juste le cornet, du coup ?

Je le fixe en silence, ayant appris à gérer la poker face chez le meilleur, depuis des mois. Je ne me fais aucune illusion sur l’efficacité de mon expression, par contre je sais qu’il aime secrètement (très secrètement) assouvir mes caprices. La preuve, il est déjà en train de commander une autre glace.

Ma vie est actuellement aussi proche de la perfection que possible. Je vis avec Maxence presque à temps plein, mon commerce tristement célèbre grâce à la fusillade est devenu une attraction locale et ne désemplit pas depuis qu’il a été rénové, et je ne me suis jamais sentie à ce point heureuse. Sauf que le karma est en négatif, me concernant, et j’aurais dû me douter que me réjouir de mon bonheur réveillerait le Kraken.


Roman lié à Cupcakes & Co(working)

0 Partages