• Romance Contemporaine (New Adult)
  • One-Shot (tome unique, nouvelle)
  • 1° édition 2019
  • Disponible en numérique (et dans le recueil Surtout Pas Toi)

Présentation

En une nuit, elle va enflammer sa vie.

Sa soirée d’anniversaire devait être classique  : une tournée des bars de la ville avec quelques amis. Et puis, cette fille a débarqué sur scène avec sa guitare  ; son énergie folle et son charme électrique l’ont tout de suite envoûté. Dans ses yeux, il a vu qu’elle était le genre de personnes qui osent tout et n’ont peur de rien. Alors, quand elle l’a invité à boire un verre à la fin du concert, il l’a suivie sans hésiter… se laissant entraîner dans les rues de la ville pour une nuit pleine de surprises. Et, désormais, il ne souhaite plus qu’une chose  : que le jour ne se lève jamais.


Tu l’as lu ?

N’hésite pas à laisser ton avis sur Amazon (et/ou les autres plateformes de lecture), car il peut aider d’autres lectrices et lecteurs à lui donner sa chance ! Merci à toi ^^


Mot de l’autrice

J’adore le concept d’une histoire / une nuit, et dans cette nouvelle, tout se déroule à toute allure… Ne vous laissez pas tromper par la couverture sombre : peps et fun sont au rendez-vous ^^


Vos avis

Quelle belle histoire que tu nous racontes là Fleur. C’est poétique, tendre et ça m’a tellement rappelé l’insouciance de mon adolescence. Cette période où tout est possible, où on tombe amoureux d’un seul regard et où on est capable de vivre l’aventure à fond. Merci de m’avoir fait rêver

Cécile J

Coup de cœur pour cette nouvelle !

J’en aurais voulu plus, tellement plus, car c’est si bien écrit, captivant, addictif. J’ai adoré cette rencontre, cette nuit, leurs « aventures » ! Que de légèreté et de douceur ! Une superbe découverte !

Aurélia

Une histoire intense, une nuit hors du temps qui nous fait rêver. Je l’ai dévoré, j’ai été envouté… Bref du Fleur comme on adore

Julie Gaujard

Premier chapitre offert

Un souvenir heureux est peut-être sur terre plus vrai que le bonheur.

Alfred De Musset

Je ne vois qu’elle.

Dès l’instant où nous sommes entrés dans ce pub, j’ai tourné la tête vers la petite scène et depuis, je ne vois qu’elle. Mes potes me parlent, déposent des pintes devant moi, mais je fais semblant de les écouter, car je suis incapable de détourner les yeux de cette nana. Derrière sa guitare électrique, elle dégage une énergie incroyable. Et, même si elle n’est pas au centre du groupe, même si c’est sur un mec au chant que la lumière se concentre, le reste du monde a cessé d’exister à la seconde où elle a relevé la tête et a capté mon regard. Parmi les clients qui se pressent dans le bar bondé, c’est sur moi et moi seul qu’elle a porté son attention. J’en suis sûr, alors que ça n’a aucune logique et que je suis souvent invisible. Mais je le sais. Je n’ai d’ailleurs jamais été aussi convaincu de quelque chose qu’en ce vendredi soir.

Quand Stef agite la main devant mon visage, ça m’emmerde et je contrôle le réflexe qui me vient de le repousser. Personne ne devrait se mettre entre elle et moi. Mais je le comprends. Car si nous sommes ici, c’est pour fêter mes 24 ans, et moi j’ignore mes amis depuis je ne sais combien de temps.

– Hé, mec ! Tu écoutes ou tu vas mater le groupe toute la soirée ?

Je m’oriente de manière à les voir, ces types que je connais depuis la primaire pour la plupart et qui m’offrent cet anniversaire sur le thème de la tournée des bars de la ville. Je lève mon verre pour leur signifier que je suis de retour parmi eux et ils m’imitent, chacun tentant d’avaler le plus de bière possible en une gorgée. Je m’en fous sur le menton, preuve que les précédentes boissons commencent à faire de l’effet. Alors que je n’ai presque aucun souvenir de les avoir bues : j’étais trop occupé à dévisager cette fille.

Petite, rousse, des cheveux sauvagement lâchés autour de son visage fin, sa présence agit comme un aimant sur moi, car je me décale à nouveau pour l’apercevoir. Elle est trop loin pour que je puisse vraiment détailler ses traits, distinguer la couleur de ses yeux ou la forme exacte de ses lèvres. Mais je sais déjà que quand je vais m’approcher, je serai plus conquis encore.

– À notre pote ! Allez : cul-sec !

Un demi est placé dans ma main et je bascule la tête en arrière sans me poser de question. Du courage liquide, voilà ce que j’ingurgite. Quand il coulera assez librement dans mes veines, je serai paré pour aller lui parler. Mais je refuse la prochaine tournée, parce que justement, je veux être cohérent quand je le ferai. Je me sens assez détendu pour oser l’aborder, ce que je ne ferais pas à jeun, je me connais.

Je suis ce type qui est en bons termes avec tout le monde, apprécié de ses proches mais éternellement célibataire. Les filles m’envoient rapidement dans la friend zone, je suis tellement un bon ami pour elles… Puis comme je suis surtout très con, je n’avance jamais de ce pas qui peut m’amener plus loin avec celles qui me plaisent. Ce soir, c’est différent. Sûrement parce que je sens les effets de l’alcool désinhiber mon tempérament naturellement réservé.

Les chansons sont un mélange de rock et de musique irlandaise. C’est entraînant et festif, précisément l’ambiance dont j’avais besoin. Je tape du pied en rythme sur la barre de mon tabouret haut, comptant presque les mesures qui me séparent du moment où j’irai faire sa connaissance. Car j’ai cette certitude que je ne partirai pas d’ici sans avoir au moins essayé de discuter avec elle. Elle va probablement m’envoyer chier, je ne dois pas être le premier à être hypnotisé par la façon dont ses doigts courent sur les cordes de sa gratte. Ou par la manière dont elle envoie ses cheveux dans son dos d’un geste sec du menton. Ou par son regard qui scanne les gens se pressant autour de la scène et du comptoir. Elle doit se faire draguer à chaque concert, c’est obligé. En temps normal, je la classerais directement dans la catégorie « hors de ma portée », mais il est temps que je commence à avoir des remords plutôt que des regrets.

Quand je m’intéresse à nouveau à notre bande à la table haute que nous occupons, je remarque que deux filles nous ont rejoints. Je n’ai aucune idée de qui elles sont, mais leur attention est accaparée par Stef et Alex. Un autre soir, ça m’aurait gonflé qu’elles les préfèrent, surtout quand on est là pour fêter mon anniversaire. Là, ça m’amuse et j’observe la séduction entre eux d’un œil curieux. Ils sont si à l’aise avec elles, ces deux-là, que je me demande parfois ce que je fais de travers.

J’ai terminé mes études d’ingénieur en décrochant un diplôme prestigieux, j’ai directement démarré un taf dans une boîte qui est venue me recruter, je suis indépendant et déjà propriétaire d’un appartement… Je vais le payer pendant encore 18 ans, mais techniquement, je réussis. J’entretiens mon corps, je n’ai pas à avoir honte de mon physique, mais je suis maladivement timide et finis systématiquement mes soirées seul. Ma mère pense que je suis trop réfléchi et que je devrais parfois me lâcher un peu et arrêter de tout analyser, que l’imprévu ça a du bon. Le souci est là, justement : ma propre mère me donne des conseils pour trouver une copine ! Le jour où elle a abordé le sujet avec moi, je me suis dit que j’étais dans la merde. Que mes amis se foutent de moi ou tentent de m’arranger des coups avec des filles, je peux l’encaisser, même si mon égo ne le vit pas toujours bien. Mais ma mère ! Putain, j’ai touché le fond, là, non ?

La musique s’arrête et le groupe annonce la prochaine date de leur passage ici et quittent un à un la scène sous les applaudissements et les sifflets du public. Avant d’aller lui parler, il me faut une clope. Les autres étant trop occupés, je ne leur signale pas que je sors m’en griller une. J’attrape mon paquet de Lucky et mon briquet puis me fraye un chemin jusqu’à la sortie. Dès que je mets un pied sur le trottoir surpeuplé d’autres fumeurs comme moi, je repère une masse de cheveux roux et arrête de cogiter : je m’approche d’elle.

Un type se met à jouer de la guitare sèche, assis sur le sol juste à côté d’elle, me donnant encore un peu de répit avant de devoir trouver les mots. Quand je suis assez près pour ne plus avoir l’option de me dégonfler, elle se retourne. Je remarque de suite les taches de rousseur qui éclaboussent ses pommettes et son nez. Elle me sourit et, sans un mot, prend la cigarette allumée d’entre mes doigts pour la porter à ses lèvres. Je reste bloqué comme un con à la regarder fumer quelques lattes puis me la rendre. La trace de son rouge à lèvres foncé attire mon regard sur le filtre. Machinalement, je fume à mon tour, comme si rien n’était plus naturel que de partager une clope avec cette inconnue.

Le guitariste joue un morceau par-dessus lequel il chante et elle se joint rapidement à lui pour les chœurs. Sa voix est comme du cristal : fragile et pure, en contradiction totale avec l’assurance qu’elle dégageait sur scène, à présent alors qu’elle n’est plus en représentation. Ou alors, elle l’est encore ?

Je me tiens là, ne sachant pas si je dois rester ou me barrer avant d’avoir l’air complètement abruti. Surtout que c’est elle que j’observe, uniquement elle. Comme un pervers, en somme. Le morceau se termine et elle récupère mon paquet dans ma main pour s’allumer une autre cigarette. Une seconde, je me demande si c’est bien raisonnable de fumer quand on chante. Et puis je me souviens que je ne suis pas censé être raisonnable, pas ce soir. S’il y a bien un moment pour suivre les conseils de ma mère, c’est là.

– Salut…

Ouaip, je n’ai pas dit que j’allais assurer : juste essayer. Je tousse pour m’éclaircir la voix, elle me sourit. Pas pour se foutre de moi alors qu’elle en aurait largement le droit étant donné que je suis tout sauf sûr de moi.

Le musicien arrête de jouer, se lève, dépose une bise sur sa joue, hoche le menton dans ma direction et s’en va. Son mec ? Non, il ne se tirerait pas en la laissant avec un inconnu. Ou alors il a vachement confiance en elle.

– Tu as aimé le concert ?

Elle se lève, prend appui sur le mur dans son dos et y pose nonchalamment un pied. Une attitude cool que je pourrais travailler des années durant sans jamais réussir à maîtriser. Elle ne fait aucun effort et possède un charisme de dingue juste en étant là.

– Oui, c’était génial.

Génial ? Putain, ce boulet, j’en peux plus de moi. Je sonne comme une groupie de Justin Bieber, un peu, non ? Le fait même que je fasse référence à ce chanteur est mauvais signe.

– Merci. Je t’ai vu.

– Où ?

– Dans la salle, pendant le concert, précise-t-elle d’un ton moqueur.

Ça y est, elle va enfin réaliser qu’elle a un demeuré en face d’elle et que deux options s’offrent à elle : en profiter pour passer un moment à s’amuser de sa maladresse ou se détourner et le planter.

– Oui, forcément.

C’est officiel, je n’ai aucun instinct de survie.

– Je t’ai vu me regarder, ajoute-t-elle.

– Ah, OK.

– Je te mets mal à l’aise ?

– Non ! Si. Pas toi, moi.

– Tu peux la refaire en étant moins confus ?

Je me passe une main de désespoir sur le visage et écrase mon mégot dans le bac rempli de sable prévu à cet effet.

– Merci pour le concert, c’était sympa, je lui lance avant d’avoir la sagesse de me détourner pour rejoindre mes potes à l’intérieur.

– Hé, beau gosse ! Tu vas où ?

Elle attrape mon bras et m’oblige à lui faire face, les sourcils froncés.

– Beau gosse ? je répète bêtement.

– Tu te défiles ?

– Je te rends service, crois-moi.

– Tu sais que si tu fais un tout petit effort, tu passeras en négatif question estime de toi ?

– Je… Tu…

– Pourquoi tu me fixais comme ça pendant le show ?

Je ne réponds pas assez vite à son goût, car elle insiste :

– Je te plais, dis-le-moi, tu verras : c’est facile.

Je m’étouffe avec un peu d’oxygène et secoue la tête, atterré par ma propre réaction :

– Ouais, tu me plais.

– Tu vois, c’était pas si dur. Tu me plais aussi.

– Vraiment ?

Non, mais si quelqu’un pouvait m’achever pour m’épargner la honte que je m’inflige juste en ayant l’autorisation de m’exprimer, ce serait charitable.

– Tu sais quoi, on va travailler sur ça, déclare-t-elle sans me lâcher.

Sa main sur ma peau m’empêche de réfléchir correctement et je dois presque analyser chaque mot qu’elle prononce pour en comprendre le sens.

– Sur quoi ? je finis par lui demander.

– Tu ne dois pas avoir l’air aussi surpris quand une fille te dit qu’elle a envie de toi.

Cette fois, je reste sans voix et n’essaie même pas de dissimuler mon étonnement comme elle me le conseille. Elle sourit et remonte la main jusque sur mon épaule puis la place sur ma nuque, se mettant sur la pointe des pieds pour que nos visages soient au même niveau. Elle ne dit rien, ses yeux braqués sur les miens et attend. J’ai le réflexe d’entourer sa taille de mon bras pour lui éviter de rester en équilibre. Et puis je réalise qu’elle n’a plus l’intention de parler si je ne prends pas le relai : elle attend.

– Tu as dit que je te plaisais, pas que tu avais envie de moi, je lui fais remarquer assez bas pour l’obliger à s’incliner un peu plus vers moi.

– Ça va ensemble. Alors, tu m’invites à boire un verre ou je dois le faire ?

– Non. Non tu n’as pas à le faire, je veux dire. Est-ce qu’on pourrait se contenter de communiquer en silence pour épargner ma dignité ?

Elle rit à quelques centimètres de ma bouche et j’ai la furieuse impulsion de l’embrasser. Mais je me retiens, elle pourrait trouver que je vais trop loin. Elle pourrait même avoir pitié de moi et ça expliquerait pourquoi elle est toujours en train de me toucher.

– Est-ce que je peux t’offrir un verre ? je lui demande quand elle ne me répond pas.

– Avec plaisir, beau gosse.

Elle prend ma main et nous entraîne dans le pub.

Aussi disponible dans le recueil…

0 Partages