Informations

  • Romance Young Adult MM (gay)
  • One-Shot (tome unique) – Format novella
  • 1° édition 2020
  • Disponible en grand format papier et numérique

Présentation

Une nuit, une seule, où tout est possible… sauf tomber amoureux

Morgan
Je ne devrais pas reluquer ce mec. La règle est claire. C’est genre une de celles qui devraient être notées dans le guide « être gay pour les nuls » s’il existait. On ne fantasme pas sur un hétéro. Non seulement c’est du masochisme, mais en plus, s’il s’en aperçoit et qu’il est homophobe, le risque que ça dégénère est trop grand. Mais bon, là, il est devant moi, c’est pas comme si j’allais regarder le plafond.


Adrien
Je me surprends à vouloir passer du temps avec lui. Peut-être que je pourrais l’embarquer avec moi pour terminer le graph, je ne sais pas, mais là, j’ai envie. Juste envie.


Tu l’as lu ?

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Mot de l’autrice

Ma toute première histoire avec des adolescents gays… Autant dire qu’elle a une saveur toute particulière dans mon cœur, étant donné les implications d’une telle entreprise.

J’espère avoir été à la hauteur de l’histoire de Morgan et Adrien !


Vos avis

Tu m’as encore époustouflée pour cette nouvelle. Énorme : adorée du début à la fin et tu m’as même surprise pour la fin. Hâte de te relire !

Marie71

Coup de cœur !

Cette novella je vous la conseille !!

J’ai été conquise par l’écriture fluide de Fleur Hana, par l’histoire de cette seule et unique nuit.

Durant ma lecture j’ai ressenti tout un tas d’émotions de l’amusement, de la joie, de l’incompréhension, de la tristesse et plein d’autres encore …

J’ai adoré passé cette nuit avec Morgan et Adrien !

Audrey Pintot

Coup de cœur

Une magnifique histoire sur le récit d’une nuit, une nuit pour découvrir, vibrer, rire, planer, aimer… une histoire qui vous marquera…

Laetibooks

Premier chapitre offert

1

J’ouvre les yeux et une douleur me lance à l’arrière du crâne. Je me redresse en lâchant un gémissement quand la sensation s’intensifie à cause du mouvement. Génial ! Je ne sais même pas où je suis !

– Ça va, mec ? T’as l’air paumé.

Je me tourne et m’envoie direct une nouvelle décharge. Note à moi-même : ne pas bouger. Qu’est-ce que j’ai encore foutu ?

– Je sais pas trop… On est où ? je marmonne.

L’autre se marre, mais je ne vois pas son visage, il est dans l’ombre. Je le reconnais quand il s’avance. Adrien Allen. Qu’est-ce que je fais ici avec ce type ? C’est sûrement la première fois qu’on s’adresse la parole alors qu’on s’est croisés au collège tous les jours pendant quatre ans. Beaucoup moins au lycée, vu qu’il sèche souvent. Et oui, il se peut que je remarque ce genre de choses à son sujet. Aucun commentaire sur ma tendance à surveiller le plus beau mec du bahut.

– Morgan, c’est ça ? T’es en première S, non ?

Je hoche la tête sans rien dire. Étonnant qu’il connaisse mon prénom et surtout ma filière. Adrien a passé une partie de l’an dernier en centre pour délinquants juvéniles, en plus de ne pas être assidu en cours. Trop de rumeurs courent sur la raison de son séjour, aucune ne me semble réaliste et je n’accorde jamais d’importance aux ragots. Je les entends, par contre, et on ne va pas en prison pour mineurs sans une bonne raison. Au lycée, il ne traîne avec personne. D’après ce qu’on dit, il se pointe en classe à la dernière minute, quand il se pointe, et repart dès qu’il peut. Il ne mange pas au réfectoire et on ne l’aperçoit jamais dans la cour pendant les pauses. Il est sûrement l’élève le moins visible de tout le lycée et celui dont on parle le plus. Il se trimballe une aura de mystère qui intrigue. Sans le faire exprès, je suis sûr.

Et il est là, dans un recoin sombre, avec moi. Il tire une dernière bouffée sur sa cigarette, puis écrase le mégot sous le talon de sa Converse. Je n’ai pas souvent l’occasion d’observer son visage, et il est clairement différent que quand il était assis quelques places devant moi en maths. C’était il y a plusieurs années, et aujourd’hui, il est le même sans totalement l’être. Je reconnais ses traits, pourtant il ne reste plus grand chose de l’ado aux joues un peu rondes et à l’acné qui n’épargne pas les beaux mecs. On dirait qu’il s’est dit un jour « je vais ressembler à un homme », et que ça a fonctionné. Parce que soyons honnêtes, j’ai tenté, et j’ai toujours la tronche d’un lycéen. Que je suis, certes, mais bref.

Ses cheveux sombres sont légèrement bouclés et, comme il les porte n’importe comment, ils retombent sur son front. Ses yeux sont verts, mais ça, je le sais pour l’avoir maté un nombre incalculable de fois, car là on ne les distingue pas. Sa mâchoire est fine, mais masculine. Moi, j’ai juste une mâchoire normale, sans intérêt, quoi. Son nez a pile les bonnes proportions. En résumé, il est parfait et il s’en fout. Certains mecs et filles savent qu’ils sont canons, ils le portent sur leur gueule et ça les rend moins séduisants. Lui, ça se voit que ce n’est pas de la fausse modestie, du coup, je le trouve plus attirant encore. Mais ça aussi, il s’en fout.

– Ne le prends pas mal, me sort-il de mes réflexions, mais t’as pas le droit d’être ici.

– Ici où ?

– Le toit de l’Univers.

– Hein ?

La tournure de la conversation devient un poil trop philosophique pour moi. Surtout avec le mal de tête qui persiste. Adrien se rapproche et s’accroupit pour se mettre à ma hauteur. Je fixe ses tennis rouges pour tenter de me concentrer, j’ai un peu la tête qui tourne.

– T’as pris un truc, ce soir ? Genre costaud ? Parce que je pose des questions simples, mais tes réponses sont surréalistes.

– Non, mais… En fait, je sais pas, j’ai comme un black-out.

– Tu te rappelles quoi ?

– Ma pote, Clarance, elle m’a invité à une soirée.

– OK, jusque-là ça roule, t’es sur le toit d’une boîte. Elle doit être à l’intérieur.

– Oh putain, ça me revient ! La boîte s’appelle l’Univers, c’est ça ?

– Ben oui, tu croyais que j’étais la réincarnation du Père Fouras et que j’allais te poser des énigmes avant de te jeter du haut d’une tour ?

– La référence ringarde ! T’es pas censé être super cool ? Genre Le mec le plus cool du lycée ?

Réfléchir avant de parler, c’est pourtant la base. Mais non.

– Vraiment ?

Il se relève et me tend la main. J’accepte son aide pour me remettre sur pieds, et vacille en cherchant mon équilibre. Ses mains me stabilisent en se posant sur mes épaules.

– C’est bon ? Tu vas gerber ? Tomber ? Paniquer ?

– Ça va. Je pense que j’ai trop bu.

– Pas impossible, il est plus de minuit.

– Ah ouais ! Je suis arrivé à 21 heures !

– Cherche pas, t’as picolé, t’es monté ici je ne sais pas comment, et tu nous as fait un mini coma éthylique.

– Un mini… je ne suis pas sûr qu’on puisse qualifier une perte de connaissance induite par l’absorption de trop d’alcool de « mini ».

– Vu la longueur de cette phrase, je confirme que ça ira. Tu ne pourrais pas utiliser des mots de plus de deux syllabes, sinon. J’ai fini mon service, je faisais une pause avant d’y aller, mais faut que je te vire. Si les patrons te trouvent ici, et s’ils me voient avec toi, ça va pas le faire.

– Désolé, je sais pas, j’ai dû voir une porte, penser que ça me mènerait dehors où je pourrais respirer, et…

– Attends, te fais pas un torticolis aux neurones pour savoir comment tu t’es retrouvé là. J’ai eu des moments dans ma vie dont je ne me suis jamais souvenu, et on s’en carre. L’important, c’est qu’on se bouge avant que le boss ne s’aperçoive que j’ai pas encore pointé la fin de mon service.

– Tu travailles ici ?

– Ouais. On descend ? Tu veux retrouver ta pote ?

Je sors mon portable de ma poche arrière et vérifie mes SMS. Comme je le pensais, elle s’est tirée avec son mec et me souhaite « bonne bourre ». C’était son plan, que je trouve quelqu’un ce soir et que je m’éclate. On n’a pas tout à fait la même notion de l’amusement, elle et moi, par contre. Ce n’est tellement pas dans mes habitudes de me taper des inconnus… Elle non plus, mais elle s’est mis en tête que je devais vivre à fond avant de me caser, comme elle l’a fait. On n’a même pas 18 ans, et direct, elle me voit rangé, marié, avec un chien et un abonnement Netflix. La vache ! J’ai presque tout, en fait, il me manque que le mari.

– Morgan, je ne veux pas être lourd, mais on ne peut pas rester ici.

Je fixe Adrien dont j’avais oublié la présence. Je crains.

– Déso, c’est bon, je suis opé.

– Tu sais ce qui te ferait du bien ? Boire un coup.

– Euh, pas là, non. Je…

– De l’eau, pas de l’alcool. Je n’ai pas l’intention de t’achever. Suis-moi. J’ai tout ce qu’il faut dans ma caisse pour contrer les cuites.

– T’as une voiture ? je lui demande en lui emboîtant le pas dans un escalier que je ne me souviens définitivement pas avoir emprunté dans l’autre sens.

– Depuis un mois.

– Ah, t’es de début d’année ?

– C’est ça.

Il dit autre chose, mais le couloir dans lequel nous avançons est éclairé et j’ai une vue directe sur son cul moulé dans son slim. C’est mal, je sais, je ne devrais pas reluquer ce mec. La règle est claire. C’est genre une de celles qui devraient être notées dans le guide « être gay pour les nuls » s’il existait. On ne fantasme pas sur un hétéro. Non seulement c’est du masochisme, mais en plus, s’il s’en aperçoit et qu’il est homophobe, le risque que ça dégénère est trop grand. Mais bon, là, il est devant moi, c’est pas comme si j’allais regarder le plafond, je me vautrerais sûrement. Je n’ai plus spécialement la tête qui tourne, donc je pourrais tenter, hein. Jouer la carte noblesse d’esprit, tout ça. Enfin, je me dis, je regarde, ce n’est pas interdit. Je ne crois pas. Il tourne la tête et me prend en flag. Parfait.

Je déguste bien avec la douleur. Je ne bois jamais et je me rappelle maintenant pourquoi : ça ne me réussit pas. C’est ça qui a dû me mettre dans cet état. Heureusement qu’il m’a trouvé, j’aurais fait comment, sinon ? Je n’aurais même pas été foutu de la dénicher, cette petite porte qui nous a conduits à l’étage en dessous.

– Attends-moi deux secondes, je débauche et j’arrive.

Je reste dans le couloir et m’adosse au mur. J’y pose aussi la tête et me ravise aussitôt. En fait, j’ai dû me cogner et c’est une bosse qui me fait mal, pas juste une gueule de bois précoce. Bien joué, Morgan, toujours aussi doué. J’aurais dû rester chez moi à réfléchir au sens de ma vie, c’était ce que j’avais prévu. Réinventer mon existence de mille façons pour me lever le lendemain en me résignant à n’être que moi.

– C’est bon, viens : on passe par là.

J’ouvre les yeux et Adrien est déjà en train d’ouvrir une porte que j’emprunte après lui. On est aussitôt dehors. Il fait bon, pas trop chaud, et j’apprécie la marche jusqu’à sa voiture garée sur le parking des employés. L’exercice ne m’aide pas à me souvenir de ces dernières heures, mais il a le mérite de m’éclaircir les idées concernant le moment présent. C’est pas si mal.

– Tu bosses ici depuis longtemps ? je lui demande pendant qu’il déverrouille.

– Un mois aussi, il me fallait le permis.

– Et t’arrives à gérer les cours ? T’as passé le bac de français, au fait ?

Il se redresse et m’envoie une bouteille d’eau que j’attrape in extremis.

– Bois, ça te fera du bien.

– J’ai surtout mal au crâne, je lui avoue. Je pense que je suis tombé.

– Pour ça aussi, j’ai ce qu’il faut.

– Pourquoi tu m’aides ? je l’interroge en dévissant le bouchon.

J’avale une longue gorgée et c’est seulement là que je réalise être assoiffé. Le demi-litre y passe en quelques secondes.

– Je sais pas, t’as toujours été cool, au collège.

– Au lycée aussi, je précise. Enfin, attends, ça fait genre je m’imagine être cool. Ce n’est pas ce que je voulais dire.

– T’inquiète, j’ai compris ; t’angoisse pas. Et t’as peut-être pas remarqué, mais je n’ai pas beaucoup été là.

Te remarquer ? Si peu…

– N’empêche que tu es arrivé jusqu’en première.

J’arrive à me taire. C’est bien.

– Ouais… Bon, tu veux un truc pour ta migraine ?

– T’as quoi ? J’aime pas trop les médocs, en fait. On a l’habitude des remèdes naturels, dans ma famille, et je sais que ça fait new age, pas la peine de préciser.

– Je n’ai rien dit, sois pas sur la défensive. Je trouve ça bien de ne pas bourrer ton corps de tas de merdes. Et du coup, j’ai ça : naturel aussi.

Il agite un sachet en plastique et, sans avoir besoin de voir ce qu’il contient, je sais que c’est de la beuh. Je m’approche pour vérifier, manquerait plus que ce soit de la cocaïne. Parce que quand on va par-là, finalement, y a plein de trucs naturels qui sont pas franchement conseillés, et que mes parents n’approuveraient pas dans leur mouvance healthy. L’herbe oui, la poudre non, par exemple.

– OK, mais j’ai pas de tunes et…

– Attends, tu crois que j’essaie de t’en vendre ? T’es con ou quoi ?

– Le prends pas comme ça, pourquoi tu me proposerais de fumer alors qu’on se connaît pas vraiment ? C’est pas la mode d’être altruiste.

– Tu me vois comme un gros connard, c’est ça ?

– Non, carrément pas. Juste que personne m’a jamais invité à fumer un cône sans…

– Tu fréquentes des gros connards, alors. Mi hierba es tu hierba, hermano.

– Tu as des origines espagnoles ?

– Nope, mais ça sonne bien, avoue.

– J’avoue.

– Monte, je ne peux pas me mettre la tête à l’envers juste devant mon taf.

Il s’installe au volant et je contourne sa caisse pour prendre place à côté de lui. Je boucle ma ceinture, il laisse la sienne attachée, mais sous son cul. Il l’a fermée avant de s’asseoir et je devrais me taire, mais ça fait longtemps que j’ai accepté l’idée d’en être incapable.

– T’es au courant que c’est à la fois illégal et super dangereux, ce que tu fais ?

– J’ai une ordonnance du médecin, t’inquiète. Je suis claustro. Puis j’ai pas prévu de nous foutre dans un platane.

– Je vois pas de platane, là, heureusement.

– Ta confiance en moi me va droit au cœur, Morgan. Maintenant, rassure-moi, et dis-moi que t’es capable de rouler un spliff pendant que je conduis. J’ai eu une soirée de merde et j’ai besoin de m’anesthésier les neurones genre, de suite.

– Je peux faire ça. Enfin sauf si tu nous fous dans un…

– Hé, tu l’as dit : pas d’arbre à l’horizon.

– C’est vrai.

– Du coup, si j’arrive à éclater la bagnole dans un pin, par exemple, ce sera une prouesse.

– Tu t’es dit que je te lançais un défi ?

Il se marre et m’indique la boîte à gants. Je ne lui signale pas que comme planque pour son matos, c’est limite. Je me surprends même à rire avec lui en démarrant le pétard, et on continue cette plaisanterie pas vraiment drôle de se manger un arbre.

Si on m’avait dit que je finirais la soirée avec Adrien Allen de cette façon, ouais… j’aurais bien ri aussi.

– Et sinon, ton coming out, ça s’est bien passé ? il lâche en passant la quatrième.

Je m’immobilise et tourne lentement la tête vers lui. – Le mien était à chier, ajoute-t-il avant d’accélérer.

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