• Young Adult Steampunk (Imaginaire)
  • One-shot (tome unique) – Nouvelle
  • 1° édition 2015
  • Disponible en numérique

Présentation

Et si sa vie n’avait été qu’un mensonge ?

Premier bébé a avoir vu le jour dans le ciel, Paige Lewis, 17 ans, a toujours vécu à bord du zeppelin où elle est née.

Grâce à son père, Sir Lewis, la noblesse de l’ancienne Londres a pu échapper à la surpopulation du pays. Coloniser l’espace aérien aurait dû résoudre tous les problèmes des sujets de la reine.

Les habitants des vaisseaux naviguant entre les nuages jouissent de privilèges offrant tout le confort nécessaire à leur existence. C’est en tout cas ce que l’héritière de l’inventeur croyait. Pourtant, la fille des zeppelins rêve d’aventures, à l’image de celles qu’elle dévore dans les romans de la bibliothèque familiale.

Sur Terre, elle ne serait toutefoies pas en sécurité : les rebelles, menés par l’ennemi numéro 1 de la couronne, Isaac Downey, font régner le danger et la terreur. Alors, résignée, elle s’éteint d’ennui, étriquée dans une vie trop sage pour elle.

Et si le bien n’est pas si pur, et le mal pas si condamnable ?

Découvrez une nouvelle inédite dans une ambiance teintée de Steampunk inspirée de Jules Vernes autant que de La ligue des gentlemen extraordinaires. Entre cuivre et vapeur, rouages, zeppelins et rébellion, bienvenue à bord de l’histoire de deux adolescents que tout oppose.


Tu l’as lu ?

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Mot de l’autrice

Cette nouvelle est une réédition d’une histoire beaucoup plus courte, éditée dans un recueil qui n’est plus disponible.

J’ai eu envie de l’étoffer et de l’offrir à mon lectorat VIP !


Vos avis

J adore l univers et cette histoire est vraiment bien écrite ! Un très bon moment passé à lire ce livre !

Cathy

Fleur Hana s’est lancée dans une dystopie sombre, nous offrant une révolte d’adolescents vivants dans une « Ruche » à la Peter Pan, des vaisseaux volants rappelant l’univers de Jules Verne, le tout avec cette écriture bien à elle qui nous offre de la tendresse même en plein milieu du sordide.

C’est réussi, l’ambiance est magique les personnages attachants, on en reprendrait bien une dose supplémentaire… Je recommande.Utile

Les chroniques de Céleste

J’ai adorée l’histoire, le thème et les personnages, qui loin d’être niant, niant, ont du caractère et peuvent se montrer fragile en même temps !

N’hésitez pas à découvrir la fille des zeppelins !

Noémie Favre

Premier chapitre offert

Chapitre 1

Paige baissa les yeux sur sa robe et soupira. Si elle avait réussi à échapper à la surveillance des gardes de son père pour se promener sur la terre ferme, elle ne passerait pas outre la vigilance de Marysa, sa dame de compagnie. Bien qu’elle fût toujours tendre et lui permettait plus de loisirs que n’importe qui d’autre dans son entourage, elle n’aurait jamais cautionné la petite excursion que la jeune fille venait de s’offrir. Trop tard, il ne lui était plus possible de dissimuler les dégâts, il faudrait faire avec et inventer une excuse. Difficile cependant de justifier qu’un élément avec lequel elle n’était pas supposée entrer en contact se trouvait sur l’ourlet de ses jupes.

Tout en cherchant un alibi qui tiendrait la route, elle posa le pied sur la marche de l’escalier, au niveau de la soute du zeppelin où elle avait vu le jour, puis vécu les dix-sept premières années de sa vie. Mais elle n’y avança jamais le second, car une tornade la percuta de plein fouet et elle fut projetée en arrière, de retour dans la boue qui venait de souiller ses vêtements. Allongée au sol, un poids la recouvrant, elle sentait déjà l’humidité de la flaque où elle avait atterri traverser les couches de tissu de sa tenue. Cette robe avait été réalisée sur mesure par la couturière particulière de sa mère, spécialement pour la soirée de gala qui devait avoir lieu d’ici quelques instants. La descente dans les conduits n’avait pas été sans conséquences, il était impensable qu’elle soit sortie indemne de cette nouvelle épreuve. La fête était censée démarrer dès que les réservoirs du vaisseau seraient pleins. Ce qui devrait être le cas dans…

Maintenant.

Elle cligna des paupières en avisant le dirigeable sous lequel était arrimé l’immense bateau où se nichait son foyer.

Depuis que la Terre était en surpopulation, les classes les plus hautes de la société avaient trouvé une alternative pour éviter de côtoyer ceux que sa sœur appelait « la plèbe » et que le reste des nobles nommait les « inférieurs ». Le père de Paige, Sir Lewis, était lui-même à l’origine de ces palaces flottants qui avaient peu à peu colonisé l’espace aérien de Londres. Dès que la reine Victoria avait fait construire son propre zeppelin de luxe, des commandes venant de tout le pays avaient afflué, et l’inventeur de ce concept révolutionnaire était devenu l’homme le plus puissant du monde industriel. Paige, sa fille, avait été le premier bébé à naître dans le ciel.

Pour l’heure, c’était sur la terre ferme qu’elle se trouvait. Son séant était trempé et elle tenta de repousser celui qui s’était jeté sur elle et l’avait placée dans une situation compromettante. Il se redressa et fixa ses yeux verts dans le bleu de ceux de Paige qui s’écarquillèrent en réalisant qu’un garçon était étendu sur elle.

– Je vous somme de vous lever immédiatement !

Pour toute réponse, il étira les lèvres en un arrogant sourire et elle n’eut d’autre choix que de plaquer les mains sur son torse pour l’obliger à s’éloigner. Si sa mère l’avait vue dans cette posture, elle… Tournant la tête, la jeune fille constata que sa mère n’aurait rien pu voir, puisqu’elle navigue déjà au-dessus d’elle. Parvenant enfin à se dégager, elle se releva tant bien que mal en évaluant les dégâts. Ses culottes étaient glacées et lui collaient à la peau, ses bottines avaient pris la teinte brunâtre de la boue jusqu’aux chevilles, son collier pendait lamentablement à la dentelle du col de sa robe et elle n’osait imaginer l’état de sa coiffure. Les épingles méticuleusement placées par Marysa ne lui rentraient plus autant dans le crâne ; c’était là le signe d’un désastre capillaire qui aurait horrifié Eleonor.

Oui, mais Eleonor n’est pas là, pas plus que Marysa, ou mère…

La petite voix qui harcelait souvent Paige et la poussait à désobéir était à l’origine de la situation dans laquelle elle s’était présentement embourbée. La prudence aurait voulu qu’elle cessât de l’écouter sur-le-champ et se mette en quête d’un moyen de se sortir de ce bourbier.

– La fille des zeppelins, murmura le garçon qui avait fini par se relever à son tour.

Elle se redressa instinctivement, haussa le menton et plissa les yeux. Elle était habituée à être reconnue et observée comme un animal dans une cage, au zoo. En tout cas, c’est l’impression qu’elle avait, car elle n’avait bien entendu jamais visité de zoos : ils avaient tous fait faillite après l’exode céleste. Elle avait découvert les us et coutumes de la vie d’avant sa naissance à travers les précieux ouvrages qui recouvraient des pans de murs entiers de la bibliothèque à bord de leur vaisseau. C’est ainsi qu’elle savait que la curiosité des autres à son égard pouvait être comparée à celle des visiteurs dans un parc animalier d’antan.

Elle observa son agresseur qui lui semblait décidément trop sûr de lui, surtout quand on avisait les vêtements sales et troués qu’il portait. Paige enviait la liberté des hommes et aurait donné n’importe quoi pour être autorisée à se vêtir de pantalons. Aussi, elle sut que ce n’était pas son éducation qui la plaça sur la défensive, mais l’envie et, partant de ce principe, elle n’apprécierait pas un seul détail chez cet inconnu. La jalousie lui procurait cet effet dont elle n’était pas fière, et qu’elle ressentait malgré tout.

– Et bien ? Comment comptez-vous réparer votre bêtise ? lui lança-t-elle en rattrapant son bijou qui avait déposé les armes et dégringolait le long de sa robe.

– Ma bêtise ?

– Vous m’avez projetée sur Terre, hors de mon zeppelin, qui se trouve à présent là-haut.

Elle tendit l’index au-dessus de sa tête sans le lâcher de son regard qu’elle espérait dur. Les sourcils froncés comme elle avait souvent vu son père le faire alors qu’il réprimandait un de ses subalternes, elle canalisa toute la colère… qu’elle n’éprouvait pas.

– Chère Paige Lewis, vous venez de m’ouvrir les portes du Paradis.

Il mima une ridicule révérence et elle prit enfin le temps de le regarder à défaut de le juger. Plus grand qu’elle, il avait la carrure de celui qui venait d’entrer dans l’âge adulte. Pas encore tout à fait homme, ni gringalet et définitivement pas adolescent. Ses cheveux noirs étaient rassemblés en un catogan dont la pointe retombait entre ses omoplates et d’où plusieurs mèches à l’aspect douteux s’échappaient. Elles encadraient un visage fin et bien proportionné qui évoquait à Paige certaines statues grecques qu’elle devait reproduire au fusain lors de ses cours de dessins.

Son observation achevée, elle se répéta mentalement ce qu’il venait de dire. Et réitéra à haute voix :

– Les portes du Paradis ?

Il croisa les bras, visiblement fier de lui, et haussa un sourcil.

– Façon de parler.

Elle le vit tourner les talons et s’éloigner.

– Vous n’allez pas m’abandonner ici ? cria-t-elle après lui.

Il ne prit pas la peine de lui répondre et continua d’avancer.

Elle regarda tout autour d’elle et constata que les lieux étaient bien moins attrayants maintenant que le zeppelin n’y était plus stationné. Il n’y avait pas âme qui vive, pas même un autre vaisseau à qui demander assistance. N’ayant aucune idée de la façon dont elle aurait pu retourner à bord du logement familial, elle se rendit à l’évidence : si le garçon était aussi sûr de lui, c’est parce qu’il le pouvait. Elle n’avait pas d’autre choix que de le suivre et de s’en remettre à sa bienveillance. S’il en était toutefois doté, étant donné qu’il n’hésitait pas à laisser une jeune fille seule au milieu de nulle part. Elle trottina à sa suite, grimaçant au son que ses semelles produisaient en se décollant de la terre humide à chacun de ses pas. La succion ralentissait ses foulées, mais il n’était pas question de perdre de vue l’unique personne en capacité de lui apporter son soutien. Après tout, il savait qui elle était. Cela aurait dû jouer en sa faveur, elle était la fille de Richard Lewis !

– Hé ! l’interpella-t-elle sans succès.

Elle s’interrompit en entendant la familiarité avec laquelle elle s’adressait à lui. Se pouvait-il qu’elle eût déjà souffert de son influence ordinaire ? Il progressait sans se soucier d’elle, comme le goujat qu’il était ! Et dire qu’il représentait sa meilleure chance de rentrer chez elle… Elle ne connaissait bien entendu personne, sur Terre !

Ils sortirent du terrain où le zeppelin venait régulièrement remplir ses réserves de carburant et provisions, et Paige se figea en découvrant ce qui lui avait toujours été inaccessible. Jamais elle n’aurait osé s’aventurer aussi loin toute seule, et elle se félicita d’avoir eu, jusqu’à présent, un excellent instinct. Le chaos régnait dans les rues de l’ancienne ville de Londres. Son imagination était pourtant fertile, mais rien de ce qu’elle avait pu visualiser dans ses rêves les plus fous n’aurait été à la hauteur du spectacle brouillon dont elle était témoin.

Des chevaux tiraient des carrioles, la boue ralentissant parfois une roue de charrette, éclaboussant souvent les passants dont elle faisait partie. Certains bâtiments étaient en ruines, d’autres vétustes, mais aucun n’avait l’air habitable. Pas selon les critères de sa famille, en tout cas. Car elle aperçut quelques têtes aux fenêtres sans vitres, dans les étages, alors qu’ils progressaient, le garçon et elle, sur un trottoir cabossé où elle trébucha à plusieurs reprises. Des gens vivent dans ces logements insalubres ! Elle ne savait pas où poser les yeux, et les bruits de la ville se superposaient à tout ce qu’elle voyait pour la première fois. La tête lui tournait, cependant pas de la même façon que lorsqu’elle apprenait une danse de salon avec son professeur. Non, c’était l’euphorie qui lui provoquait cet agréable vertige. Une réaction entièrement émotionnelle, nouvelle et grisante, dont elle ne savait que faire.

– Isaac !

Une jeune femme courut à leur rencontre et sauta sur l’inconnu. Qui s’appelait donc Isaac. Ils s’étreignirent un long moment sans se soucier du lieu. Aucun doute : elle était chez les inférieurs. Jamais personne de son entourage, dans le ciel, ne se serait adonné à une telle démonstration intime en public.

Une seconde… Elle l’avait appelé Isaac ? Serait-ce…

Il lâcha la nouvelle venue, se tourna pour faire face à Paige et détacha ses cheveux tout en souriant. Puis il se présenta enfin, mais ce n’était plus nécessaire : elle savait parfaitement à qui elle avait affaire.

Tout à coup, elle regretta de l’avoir suivi, car elle ignorait ce qu’il adviendrait de sa vie à présent qu’elle était entre les mains de… – Isaac Downey, pour vous servir ! ironisa son pire ennemi.

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