« Les lectrices de romances sont frustrées et malheureuses dans leur vie. Elles cherchent à combler le manque affectif de leur misérable existence en lisant des histoires mièvres. Le niveau intellectuel de leurs lectures atteint des abysses encore inexplorés par l’être humain. »

Telle pourrait être la définition que la majorité des gens donnerait sur les lectrices de romance.

À ces personnes, je conseillerais d’abord de lire l’article que je leur ai consacré en cliquant ici avant de poursuivre.

Depuis une décennie, je lis de la romance. Depuis presque autant, j’en écris. Et les qualificatifs que les autres utilisent ne me définissent pas du tout.

Forte de ces dix années passées à observer cette espèce de la faune littéraire française, voici 7 preuves que les lectrices de romances sont le meilleur lectorat qu’une autrice comme moi pouvait espérer.

Preuve #1 : Les lectrices de romances sont généreuses

Les lectrices de romances sont généreuses et achètent les romans de leurs auteurs et autrices préférées !

Souvent, la lectrice de romance lit beaucoup. Et par « beaucoup », j’entends qu’elle dévore plusieurs romans par semaine, pour la plupart. Ce qui signifie qu’elle dépense une partie de son salaire dans des livres que des autrices comme moi ont écrits.

Je m’émerveille toujours de voir que ces lectrices achètent mes romans et les accueillent dans leurs bibliothèques. Il y a tellement de dépenses dans un foyer, la vie coûte cher, on le sait tous. La lecture reste optionnelle et rien n’est obligatoire dans l’acte de consacrer de l’argent à cette activité. Même si pour certaines, comme moi, il est impensable de décocher cette option.

Pourtant, la lectrice de romance le fait régulièrement. Elle prélève un pourcentage de ses revenus et l’utilise pour se procurer des histoires sur lesquelles des écrivain.e.s ont passé des mois, voire des années, à travailler.

Preuve #2 : Elles sont solidaires

Le lectorat de romance forme un front solidaire pour défendre le genre qu'il affectionne !

Le monde de la romance n’est pas une réplique du pays des Bisounours ni de celui des Toupoutou. Bien sûr, il y a parfois des problèmes, des conflits, des dramas, bref… Tout ce qui se passe dans les microcosmes tel que celui-ci.

Pourtant, il y a bien un point sur lequel toutes les lectrices de romances sont d’accord et capables de faire front. Lorsqu’un outsider s’attaque à l’univers de la romance, c’est à une sororité qu’il s’en prend. Aussi, c’est d’une même voix que les lectrices de romances lui répondent d’aller se faire voir.

Comme dans une fratrie, les lectrices de romances ne sont pas toujours d’accord sur tout. Elles n’hésitent cependant pas à mettre de côté leurs différends pour défendre leur genre littéraire de prédilection. Et les auteurs et autrices qui l’écrivent.

Lectrice depuis mon plus jeune âge, j’ai fait des études supérieures de lettres. J’ai donc côtoyé beaucoup de lecteurs de tous horizons. J’ai traversé plusieurs milieux littéraires. Et je peux de ce fait affirmer n’avoir jamais vu autant de solidarité face à un genre qu’avec les lectrices de romances. Je ne dis pas que ça n’existe pas ailleurs, mais c’est particulièrement vrai pour ce milieu.

Preuve #3 : Les lectrices de romances sont exaltées

Les lectrices de romances sont exaltées quand elles parlent de leurs lectures !

Quand elle aime, la lectrice de romance aime à fond. Elle brandit l’étendard des romans pour lesquels elle a eu un coup de cœur comme on scande un slogan dans une manifestation : haut et fort.

En effet, elle va parler du livre autour d’elle, l’offrir, et être la meilleure porte-parole pour l’autrice. La lectrice de romance veut partager son amour d’une lecture et n’hésite pas à fédérer ses amies autour de celle-ci.

Je pense par exemple au groupe Bitches Books Cocktails & Friends (aka BBCF). Son origine se situe dans le roman Bora-Bora’s Bitches de Jacinthe Canet. Les filles ont voulu se rassembler pour échanger sur ce livre. Aujourd’hui, les liens du groupe dépassent ceux d’Internet. Ses membres se retrouvent dans des salons où elles mettent d’ailleurs une ambiance dingue sans laquelle l’événement n’aurait pas la même saveur.

Les lectrices de romances aiment sans concession. Elles peuvent aussi détester avec virulence. Pourtant, la majorité restera beaucoup plus discrète sur ses déceptions que sur ses coups de cœur.

Preuve #4 : Elles sont aussi respectueuses

Le lectorat de romance fait preuve d'un grand respect envers les écrivains et écrivaines.

Oui, bien sûr que la lectrice de romance n’est pas une sainte qu’il faudrait canoniser de son vivant. Évidemment qu’il y a des lectrices de romances malveillantes et agressives capables de s’acharner sur des livres et autrices. C’est nécessaire pour l’équilibre et pour confirmer la règle… Car chaque règle a ses exceptions.

Toutefois, je reste convaincue que la grande majorité des lectrices de romances fait preuve d’un grand respect envers le travail des auteurs et autrices.

Lorsqu’elle n’aime pas, la lectrice de romance va souvent ajouter « mais ce n’est que mon avis, tu devrais le lire pour te faire le tien », par exemple. J’ai rarement croisé des avis se résumant à « c’est de la merde ». Il y en a, et j’ai la chance de n’en avoir été victime qu’une fois il y a des années. Mais ça reste une très petite minorité.

Preuve #5 : Les lectrices de romances sont motivées

Les lectrices de romances sont motivées et n'hésitent pas à se déplacer !

La lectrice de romance n’hésite pas à organiser tout un road trip, un week-end entre amies, un aller-retour dans la journée, pour rencontrer ses auteurs et autrices préféré.e.s. Les files de lectrices en salons peuvent être dingues.

Je me souviens de ma toute première dédicace à Livre Paris, qui s’appelait encore à l’époque Le salon du livre de Paris d’ailleurs. Je n’avais même pas de livres à vendre puisque je signais sur le stand d’un distributeur numérique. En arrivant avec Gala de Spax qui dédicaçait avec moi, nous avons regardé la file de lectrices et j’ai dit « Mince, il doit il y avoir un auteur super connu juste à côté et on ne va même pas nous voir à cause de sa file d’attente… » J’étais un peu triste car c’était ma première expérience du genre et j’avais tellement peur de faire chou blanc. Puis Gala m’a glissé « Ma Fleur, je crois que ces gens sont là pour nous… »

Nous nous sommes assises et elle avait raison. Ces lectrices étaient là pour nous. Elles étaient arrivées à l’avance pour être sûres de pouvoir nous rencontrer pendant notre horaire de présence. C’était la première d’une longue série de ce genre. Mais ça ne loupe pas : je suis systématiquement étonnée et je pense toujours « il y a erreur, elles se sont trompées de stand, elles ne peuvent pas être là pour moi. »

Et pourtant si, car les lectrices de romances ont une réserve sans fond de motivation pour les autrices qu’elles soutiennent !

Preuve #6 : Elles sont également loyales

Le lectorat de romance est un lectorat loyal envers ses auteurs et autrices !

Je vais parler d’une expérience plus personnelle pour cette preuve, parce que ça me touche particulièrement.

Lorsque je publie un nouveau roman, je crains toujours de perdre mon lectorat acquis précédemment sur un autre sous-genre de la romance. D’autant plus depuis que je publie en indépendante : le mépris pour l’autoédition est un réel problème en France et j’y reviendrai dans un autre article.

Malgré tout, mes lectrices, pour la majorité, me suivent, et ça m’épate sincèrement. Quoi que je publie : elles sont là. Fidèles au rendez-vous, elles donnent leur chance à mes romans alors que je fais parfois le grand écart entre une sortie et la suivante. L’été dernier, par exemple, Cupcakes & Co(caïne) a si bien marché que lorsque j’ai publié Blade, j’ai eu des sueurs froides.

Alors que seulement une semaine après la sortie de mon premier titre se déroulant dans le milieu des bikers, Blade se classait premier du top général Kindle Amazon. Le jour où j’ai vu ça, déjà je me suis pincée (c’est douloureux, ne le faites pas). Puis je me suis dit, comme toujours quand mon super syndrome de l’imposteur débarque, que ça devait être une erreur. Mais au troisième jour en tête du classement, je me suis rendue à l’évidence : mes lectrices m’ont suivie. Elles sont passées d’une chicklit à une romance MC parce qu’elles me soutiennent de manière inconditionnelle. Et grâce à elles, ce nouveau titre est resté #1 pendant toute une semaine !

Et ça, pour moi, c’est sûrement la plus belle preuve !

Preuve #7 : Les lectrices de romances sont attentionnées

Les lectrices de romances sont attentionnées avec les auteurs et autrices !

Comme je l’ai dit plus haut, les lectrices de romances ont toutes ces qualités. Et honnêtement, on pourrait s’arrêter là, ce serait bien suffisant pour confirmer que oui, elles sont les meilleures.

Sauf que certaines poussent le vice d’être géniales encore plus loin. Elles pensent à moi et ont ces attentions qui m’embarrassent autant que je les aime.

Mes lectrices sont ces nanas au top qui se pointent en dédicace avec des cadeaux (souvent de la nourriture, ma réputation doit me précéder !). Ou m’envoient des surprises directement chez moi. Alors attention, je ne dis pas que c’est requis pour être une lectrice de romance formidable. Mais après en avoir parlé avec mes collègues auteurs et autrices d’autres genres, nous en sommes venu.e.s à la conclusion que c’est une spécialité des lectrices de romances !

Alors, convaincu.e.s ?

Pour tout ça, un grand merci à mes lectrices. Sans vous, la romance ne serait pas ce qu’elle est.

N’en déplaise à certain.e.s, oui, nous aimons et soutenons la romance. En plus, nous le faisons en étant les meilleures. What else?

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