Golden Boys – Tome 4/4

Informations

  • Romance Contemporaine (New Adult)
  • Série : Golden Boys – Tome 4 (Réédition de Yoan)
  • 1° édition 2013
  • Disponible en grand format papier (Yoan) et numérique (Nos Cœurs en Dissonance)
Version papier
Version numérique

Présentation

Je ne sais pas être amoureuse. Personne ne m’a jamais appris.


Léo
Il m’agace. Depuis toujours, la mention de son prénom suffit à me faire grincer des dents. Il incarne tout ce que j’exècre.Moi ? Facile : j’annonce la couleur dès le début. Pas d’amour, pas de relation. Uniquement des coups d’un soir, merci, au-revoir. Rien de répréhensible. Excepté si on considère qu’aimer le sexe et s’envoyer en l’air est illégal.Avec lui, ça pourrait bien l’être, et je déteste le danger qu’il représente.


Yoan
Bourreau de travail. C’est ainsi que mon entourage me voit. Pour une fois, je suis d’accord, j’ai besoin d’aide. Je voulais un assistant, me voilà avec une assistante. Et pas n’importe qui : la cousine du grand amour de ma vie. Elle est tout le contraire d’Emma, m’envoie balader chaque fois qu’elle m’adresse la parole et me donne envie… de quoi ? Bonne question. Sûrement de trop de choses.


Playlist sur Deezer


Tu l’as lu ?

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Mot de l’autrice

Dès que j’ai décidé d’écrire sur les Golden Boys, je connaissais l’histoire du boss, et j’avais tellement hâte d’arriver à son tome !

Je me suis régalée dans les dialogues, les reparties, et je ne me suis pas beaucoup censurée pour laisser libre cours à des répliques qui m’ont parfois fait pleurer de rire.

On va dire que le plus important est que je me sois éclatée 😉


Vos avis

J’ai adoré ce roman, yoan a presque réussie à détrôner matt c’est dire. Et Léo elle tellement vraie, touchante, attachante. Magnifique histoire d’amour avec des valeurs et thèmes importants.

Marion Recoules

Ce mot n’existe pas, mais ce que je ressens à la fin de ma lecture de ce livre.
Des dialogues qui m’ont fait rire, Léo est une sacrée nana.
J’ai eu le smiley😊 durant toute la lecture.
En plus de cette romance le sujet de l’acceptation de soi et vraiment très bien abordé.
Vraiment je recommande la lecture de ce livre.

Muriel Jue

 J’ai une nouvelle fois adoré et, bien sur, avec toute l’objectivité que j’ai. Une magnifique romance plein de pep’s, d’amour, de passions et d’amitiés, sans oublier ce message sous latent. A lire absolument !

Esmeralda, Les miss chocolatines bouquinent

Premier chapitre offert


Lui

Si je n’avais pas promis à ma mère de venir, pour montrer notre bonne foi aux Delaborde, je ne serais pas planté devant leur immense demeure en me demandant ce que je fous là. Rien n’a changé ici, tout est figé dans le temps. Un peu à l’image de leurs traditions de petits bourgeois qui auraient aimé être nobles. Il est trop tard pour me défiler, je sonne. Très rapidement, un majordome m’ouvre. Le même qu’il y a 15 ans, ou alors ils l’ont cloné, je ne vois que ça. Le type ne semble pas avoir pris une ride. Seraient-ils capables de lui avoir payé quelques séances de Botox pour que leurs invités ne soient pas dépaysés ?

– Monsieur Lombard, je vous en prie.

Il s’écarte et j’entre, surpris que non seulement ils se souvienne de mon nom, mais surtout qu’il me reconnaisse. La dernière fois que je suis venu, j’étais en Terminale et maigrichon. J’étais le geek de service qui jouait le rôle de l’ombre.

– Merci, je marmonne alors qu’il tend la main pour récupérer mon manteau.

Soirée mondaine oblige, je porte le seul costume trois pièces que je possède. Celui que je sors aussi bien pour les enterrements que pour les événements de ce genre. À y regarder de plus près, je me rends à l’un ou l’autre avec le même enthousiasme. C’est-à-dire qu’entre ces soirées et écouter quelqu’un traîner un clou rouillé sur un tableau noir pendant des heures, j’opte pour le tableau noir.

– Veuillez me suivre.

Une fois mon manteau remis à la jeune femme chargée du vestiaire – oui il y a même un vestiaire pour l’occasion -, je suis le majordome jusqu’à la salle de réception. Je connais le chemin, mais je sais qu’il se contente de jouer son rôle et surtout de faire son travail. Il se poste à l’entrée de la pièce et je grimace en me rappelant le protocole.

– Monsieur Yoan Lombard, annonce-t-il d’une voix claire et forte.

Si je voulais arriver discrètement, c’est loupé. J’entre en le remerciant et il disparaît aussitôt, ça ferait désordre qu’il s’attarde sans raison, j’imagine. La pièce est gigantesque, bien sûr, tout l’est dans cette maison qui tient plus du manoir que de la villa. Si j’ai bien écouté ce que ma mère m’a raconté, cette œuvre de bienfaisance réunit les amis les plus proches des Delaborde, quelques branches de leur famille dont ils n’ont pas honte, ainsi que des capitaines d’industrie susceptibles d’investir dans la cause défendue par l’hôtesse et dont j’ai totalement oublié la nature. Ce que j’ai retenu, en revanche, c’est que je m’apprête à devoir sourire, serrer des mains, avoir l’air content d’être là et surtout prétendre que mes parents et les Delaborde ne sont pas restés brouillés durant les quinze dernières années. Encore une fois, je choisirais le tableau noir si on me demandait mon avis.

Un rapide coup d’œil me permet de repérer l’endroit où sont installés Adeline et Matt. Je n’arrive pas à croire qu’elle lui impose cette mascarade, il doit vraiment être amoureux pour subir ça avec bonne humeur comme ça semble être le cas. Un pas vers eux, mais je suis déjà interpellé par Adélaïde qui ne manque pas à ses devoirs et vient m’accueillir.

– Yoan ! Je suis tellement heureuse que tu aies pu te libérer !

Elle m’ouvre grand ses bras et je lui donne l’accolade qu’elle attend.

– Adelaïde, c’est un plaisir de vous revoir.

J’aimerais me dire que son attitude rigide est révélatrice du fait qu’elle n’éprouve aucun plaisir à me voir. En réalité, elle n’a qu’un mode : guindé.

– Laisse-moi regarder l’homme que tu es devenu ! Tu étais encore un adolescent, la dernière fois que tu étais ici !

Et pour cause. Mais au lieu de répliquer ce qui me vient à l’esprit, je souris sous son inspection. Son regard traîne un peu trop sur moi pour être bienséant. Je ne suis pas mal à l’aise, j’assume qui je suis devenu. Des femmes de son âge qui me reluquent quand je suis presque à poil, j’en croise tous les week-ends. Avec les Golden Boys, mon entreprise de gogo dancers, nous nous produisons plusieurs fois par semaine dans un bar branché. Avant cela, nous animions surtout des soirées privées qu’il nous arrive encore d’accepter. Alors la femme que j’ai devant moi et qui ne tente pas spécialement de masquer son désir me laisse de marbre. On dirait qu’elle n’a pas qu’un mode, finalement. Je suis tout de même soulagé lorsque ma mère s’approche et prend mon bras avant de déposer une bise sur ma joue.

– Merci d’être venu, murmure-t-elle à mon oreille.

Elle se tourne vers notre hôtesse et lui sourit. Le différend qui a opposé mon père et Jean-Claude Delaborde a éclaté un jour, le lendemain nos deux familles évoluaient chacune dans une nouvelle sphère. Leurs amis ont pour la plupart choisi un camp, certains sont restés neutres, mais c’est un peu une grande réunification qui se déroule ce soir. Je ne connais pas les détails de la dispute ni de la réconciliation, ça ne m’intéresse pas vraiment, car quand mes parents me demandent mon soutien, je le leur donne.

– J’étais en train de dire à ton fils à quel point il est devenu bel homme. Regarde-moi cette carrure, qui l’aurait cru ?

Petite pique non dissimulée au gringalet que j’étais. Je lui souris à nouveau et si ma mère ne tenait pas mon bras, je me serais déjà éclipsé.

– Yoan a réussi dans la vie, et je ne parle pas de son physique, nous sommes très fiers de lui.

– Bien, bien, oh, excusez-moi, il me semble que ma présence est requise. À plus tard !

Un dernier sourire carnassier, et la voilà partie.

– Quelle vipère ! Draguer mon fils sous mes yeux !

J’éclate de rire au revirement de comportement de ma mère dont la main serre un peu trop mon biceps. Je tapote ses doigts et elle se détend.

– On est là pour papa, je lui rappelle pour l’apaiser. C’est du business, on fait du social et chacun retourne ensuite à sa vie.

– Je vais aller me servir un verre. Sans alcool, bien sûr, mais je ferai semblant qu’il en contient. Tu veux quelque chose ?

– Non, merci maman.

Elle file vers le bar. Sans alcool, c’est devenu notre nouvelle devise dans la famille, depuis que ma petite sœur Adeline a développé une addiction à ses antalgiques. Lors de sa cure de désintoxication, elle a appris à ne plus s’approcher de tout ce qui pourrait devenir un substitut : l’alcool et toutes les drogues en font bien entendu partie. Afin de la soutenir, son entourage a convenu d’un commun accord de ne plus boire d’alcool en sa présence. Je me dirige à nouveau vers elle, on ne peut pas la louper avec son fauteuil, ça m’évite de la chercher deux heures dans la foule. Il faut bien que ça ait des avantages.

– Boss, me salue Matt de la main. C’est pas le costume de scène, ça ?

Je le fixe en silence de mon air le plus impassible en stock. Il sourit et hausse les épaules, habitué à mon absence de réaction. Les Golden Boys sont tous plus jeunes que moi, même si certains le sont à peine, mais ils sont surtout comme des petits frères à mes yeux. Si je rentre dans leur jeu, ça va les encourager, alors je tiens mon rôle de patron blasé auquel ils sont tous habitués.

– Il paraît que tu as tenté de t’esquiver ? me demande Adeline alors que je me baisse pour l’embrasser sur la joue.

– J’ai essayé de voir si tu ne pouvais pas nous représenter tous les deux.

– Tu oserais te servir de moi en guise de bouclier humain ? Remarque, avec mon fauteuil, je dois pouvoir te protéger.

– Je suis mort de rire.

– Oui, fais attention, Yoda, tu vas te luxer un muscle.

Même réaction de ma part à la vanne de Matt. Je déteste A2 d’avoir vendu la mèche sur le surnom qu’elle me donnait quand elle était petite. Maintenant, les gars se foutent de moi et ma lassitude les encourage au lieu de les calmer. De véritables gamins, c’est ce que je disais.

– Alors, frangin, tu te mêles enfin au commun des mortels ?

– C’est ça que tu appelles le commun des mortels ? Pour moi, c’est un panier de crabes et on pourra s’estimer heureux si on s’en sort indemnes.

Adeline grimace et j’ai le réflexe de m’approcher. Matt est plus rapide. Ça me fait encore bizarre qu’il ait en quelque sorte pris ma place auprès d’elle. C’est à lui de se soucier de son bien-être et de prendre soin d’elle lorsqu’elle a besoin d’aide. Il s’agenouille devant son fauteuil, un geste qu’il effectue souvent, et ils échangent quelques murmures. C’est pour moi le moment de les laisser seuls. Ils sont encore en train de rebâtir leur relation qui a subi pas mal d’épreuves, notamment à cause de moi. Mais à présent que je les vois heureux ensemble, je ne regrette pas une seconde d’avoir secrètement embauché Mathias pour qu’il la séduise. Si mon objectif initial était de l’aider à reprendre confiance en elle, je n’aurais jamais imaginé qu’ils tomberaient amoureux. Quelque part, je suis un peu un Cupidon des temps modernes. Ouaip, il est temps que j’aille prendre l’air. Les jardins ont toujours été ma partie préférée de la propriété. Je navigue entre les invités, laissant ma sœur et Matt en tête-à-tête.

J’arrive sur la terrasse déserte. Fin octobre, il commence à faire frais et ça me donne l’opportunité de me retrouver loin de tous les hypocrites qui composent l’entourage des hôtes, puisqu’il n’y a personne dehors. Que mes parents jouent le jeu social, je peux le comprendre, mais il ne faudrait pas que ça se reproduise trop souvent. Je suis de nature solitaire, alors la torture pour moi dans ce type de soirée est particulièrement cruelle.

Le ciel est dégagé, nous sommes sur les hauteurs en marge de la ville et on distingue bien mieux les étoiles, ici. Il n’y a pas de lumière extérieure allumée, aussi les lieux me donnent l’isolement dont j’avais besoin. J’avance sur la pelouse sombre, m’éloignant un peu plus des rumeurs des conversations dans mon dos. J’ai à peine fait quelques mètres que je trébuche sur un obstacle.

– Hé ! Attention !

L’obstacle est donc une femme.

– Désolé, je ne m’attendais pas à ce que quelqu’un décide de faire une sieste sur l’herbe à cette heure-ci.

– Je ne fais pas une sieste, je regarde les étoiles.

Elle chuchote, je ne distingue pas son visage, cette fille mystérieuse attise ma curiosité.

– Je peux me joindre à vous ?

– C’est un pays libre.

Pas tout à fait une invitation, pas vraiment un refus, je prends l’initiative de m’installer à côté d’elle. Elle a raison, les étoiles valent vraiment le coup d’œil, ce soir. Cette parenthèse me permet surtout de repousser le moment où je vais devoir faire acte de présence dans la grande salle.

– Yoan, je lui indique en lui tendant la main.

Elle la saisit sans me répondre.

– Vous essayez aussi d’échapper à la soirée ? je lui demande lorsque son silence accueille ma présentation.

– Pas vraiment, non.

J’ai compris, elle préfère qu’on ne parle pas. Elle se rallonge et je l’imite. C’est dommage, trouver une alliée aurait été une belle opportunité pour m’épargner de retourner dans la fosse aux lions. Je suis tellement crevé que je pourrais même m’endormir, ici. Je bosse à fond sur les diverses entreprises que je possède, chacune demandant plus ou moins d’investissement. Deux d’entre elles sont des revenus passifs, pour moi, et je n’ai presque pas à m’en soucier. Les Golden Boys se gèrent assez facilement maintenant que nous avons des soirées fixes au Slam, le bar où nous nous produisons. Mais l’école de danse que je monte avec Tiphanie, la copine de Benjamin, l’un de mes danseurs, occupe beaucoup mon temps et mes pensées. Sans parler de mon taf de développeur free-lance pour une société de logiciels financiers. En bref, ça fait déjà un moment que j’envisage de trouver quelqu’un pour m’aider, un assistant. Sauf que confier à un inconnu une partie du travail que j’accomplis actuellement ne me met pas à l’aise. Je suis ce que mes potes et ma famille qualifient de control-freak. C’est sûrement vrai, et jusqu’à présent je gérais bien. Maintenant, bien sûr, avec les nouvelles activités qui s’additionnent, je commence à avoir la tête sous l’eau. Hum… Littéralement ? C’est quoi ces petites gouttes ? Il n’y a pas un seul nuage, bizarre…

D’un coup, une pluie fine me tombe dessus, je me relève et remarque que la fille n’est plus là et que je suis seul sur l’herbe. Putain d’arrosage automatique ! Elle est sur la terrasse en plein fou rire, rire que je ne connais que trop bien.

– Emma ?

– Salut, Yo ! Ça fait un bail !

Je ne réfléchis pas, mes anciennes habitudes reprenant le dessus, et je fonce sur elle. Je l’attrape à la taille et la jette sur mon épaule, façon pompier. Elle hurle et se débat, mais je la ramène avec moi au milieu des jets. Si je suis trempé, elle aussi ! Je la plaque au sol pour l’empêcher de s’échapper tant qu’elle n’est pas aussi mouillée que moi.

– Merci de m’avoir prévenu pour l’arrosage !

– Lâche-moi ! Tu sais combien coûte cette robe ?

– Et mon costume, tu en as une idée ? Encore une minute, et tu pourras partir.

– Dans une minute, je serai bonne pour un essorage neuf-cent tours minute !

Je me laisse tomber à côté d’elle, toute illusion de sauver mes fringues abandonnée, et je me mets à rire. Elle m’imite et nous voilà partis à nous marrer tels les deux ados que nous étions, les gouttes glacées ne cessant de former une petite boue autour de nous. Soudain, les lumières du jardin s’allument.

– Emmanuelle !

– Yoan !

Nos mères ont l’air atterrées, ce qui redouble nos rires alors que j’aide Emma à se remettre debout. C’est seulement maintenant qu’elle est éclairée que je remarque à quel point elle est devenue une magnifique femme. Toujours aussi menue, délicate, même dans sa robe rose tachée de terre et lui collant à la peau. Ses cheveux blonds sont plaqués sur son visage où une partie de son maquillage a coulé. Y compris dans cet état désastreux, elle est belle.

– C’est lui qui a commencé !

Elle me pointe du doigt et mon admiration descend d’un cran.

– Si tu m’avais prévenu pour l’arrosage, nous n’en serions pas là.

Nous rejoignons tout le monde et le majordome est là avec des serviettes qu’il nous tend sans un commentaire. Il en a vu d’autres, avec elle et moi. La foule de curieux commence à se disperser, Emma est déjà à l’intérieur, sûrement partie se changer dans sa chambre. Matt et Adeline s’approchent alors que je tente de sécher mes cheveux.

– Je vois qu’Emma et toi vous êtes retrouvés.

Adeline n’a jamais apprécié Emma, même si elle était encore petite à l’époque où nous nous fréquentions. Elle n’a caché son hostilité à aucun moment.

– Ouais… on peut dire ça.

– Et qui est Emma ? demande Matt en souriant.

– Oh, la fille dont il est resté amoureux durant tout le collège et le lycée. Ou bien l’aimais-tu déjà en primaire ?

En maternelle, pour être exact.

– Je vais y aller, du coup.

– Astucieux pour échapper à la soirée ! J’ébouriffe les cheveux de ma sœur qui peste de me voir partir. Une fois au volant, content d’avoir des sièges en cuir, je souris de cette scène ridicule dans l’herbe. Ça me renvoie à une époque où nous étions inséparables, où j’étais amoureux d’elle, en effet, et où je pouvais encore croire qu’elle finirait elle aussi par m’aimer.


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