Et pourquoi le tome 4 des Golden Boys sera lui aussi uniquement en numérique

Vous êtes tellement nombreuses à m’avoir posé la question, que j’ai décidé de rédiger un article pour répondre à tout le monde.

La réponse que ma maison d’édition donne aux lectrices lui ayant posé directement la question est la suivante :

Malheureusement, sur cette série, les ventes papier n’ont pas atteint ce que nous espérions. Pour des questions de rentabilité, nous sommes donc contraints de publier la suite uniquement en numérique.

Lorsque j’ai demandé à mon éditrice pourquoi on donnait cette explication aux lectrices, car cela affichait à mon sens une mauvaise image pour la série, on m’a répondu que la transparence était la philosophie de la maison.

C’est louable, c’est pourquoi j’aimerais moi aussi vous expliquer comment ça fonctionne en coulisses, sous la forme d’une petite liste de faits qui vous permettront de bénéficier d’une transparence totale, et pas unilatérale.

  • Le rôle de l’autrice est d’écrire un bon roman. Pas de le vendre.
  • Le rôle de l’éditeur est de vendre le roman, qu’il a signé, et donc souhaité défendre, et qu’il trouve donc bon.
  • Lorsqu’un roman ne se vend pas aussi bien que l’éditeur l’aurait souhaité, ça ne remet pas en cause la qualité de celui-ci.
  • L’autrice n’a pas de pouvoir sur les décisions éditoriales.
  • L’édition traditionnelle, c’est du business, pas de la passion. D’où la mention dans la réponse plus haut à la « rentabilité ».

Ceci étant dit, je voudrais être très claire sur un point : je ne vous présenterai pas mes excuses quant à l’absence de papier pour les tomes 3 et 4 de la série Golden Boys, pour la simple et bonne raison que cette décision n’est pas de mon fait. Je n’en suis pas responsable. Je la déplore, mais j’en suis également victime.

Il est évident que si j’avais eu mon mot à dire, je n’aurais jamais démarré une série en papier, pour l’interrompre en cours de publication, et priver ainsi les lectrices qui lisent exclusivement en papier de la suite. Vous ne me verrez jamais faire ça en indé.

Je trouve que c’est un manque de respect, et croyez-moi, je l’ai dit et répété à mes éditrices. Mais, encore une fois, c’est du business. Et parce que le service marketing d’une maison d’édition n’a pas su vendre une série qui s’est vue qualifiée de « shampooing qui fait aussi crème de jour » dans une métaphore que je cite directement de l’explication que mon éditrice m’a donnée sur cet arrêt du papier, alors vous, mais aussi moi, sommes pénalisées.

Je n’ai pas pour habitude de laver mon linge sale en public, vous le savez, vous me connaissez assez pour ça. Il suffit de surfer sur mon blog et mes réseaux sociaux pour s’en rendre compte. Je n’étale jamais les coulisses qui, je l’estime, ne vous intéressent pas et n’ont pas d’intérêt.

Je suis là pour écrire des romans qui, je l’espère, vous permettront de passer un agréable moment, voilà mon objectif.

Mais lorsque mes lectrices, chaque jours depuis l’annonce de la sortie uniquement en numérique de Sur les cendres nous danserons, m’envoient plusieurs emails et messages privés par jour pour savoir si oui on non il y aura du papier un jour, et pour connaître la raison de la publication exclusivement en numérique, je me dois de leur fournir moi aussi une réponse.

La maison d’édition ayant pris l’initiative de parler chiffres de ventes, rentabilité, et donc soupe interne à mes lectrices, je n’ai pas d’autre choix que de donner mon côté de la fameuse transparence évoquée. Ça ne me fait pas plaisir, ça me donne l’impression de régler mes comptes et je déteste faire ça. Mais il est important que vous sachiez que j’ai donné le meilleur de moi-même pour ces tomes 3 et 4, comme je le fais pour chacune de mes histoires publiées.

Les Golden Boys est une série de romances abordant des sujets importants à mon cœur, et j’espère, un jour, retrouver les pleins pouvoirs sur un texte qui vient de mes tripes (un peu crade mais tellement sincère, du coup) afin de leur offrir la vie que ces livres méritent.

Et pour finir, et qu’on ne me taxe pas de mauvaise foi, si jamais un de mes titres en autoédition ne se vendait pas correctement, je serais la seule à blâmer car j’ai toutes les casquettes pour mes livres indépendants. J’assumerais et je ne sanctionnerais bien entendu jamais les lectrices. En revanche, pour les livres signés chez des éditeurs, souvenez-vous que je ne décide de rien.

Merci d’avoir pris le temps de me lire. J’entends d’ici les remarques « han elle n’a pas assez vendu » et elles ne me touchent plus, parce que je ne suis pas décisionnaire de la stratégie marketing (ou de son absence) concernant les romans signés chez des éditeurs.

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