Informations

  • Romance Young Adult MM (gay)
  • One-Shot (tome unique) – Format nouvelle
  • 1° édition 2020
  • Disponible en grand format papier et numérique

Présentation

Sa main dans la mienne, je peux tout surmonter…

Je ne regarde jamais mes potes trop longtemps.

Surtout pas mon meilleur ami.

Alors quand il me serre contre lui et flirte avec mes interdits, l’Univers se met sur pause.

On rationalise de quelle façon quand tout est sens dessus dessous ? On se raccroche à quoi pour ne pas perdre pied ? Couler. Plonger dans une fiction si réelle que pendant un moment, on oublie que c’est impossible.

Toute ma vie, je me suis convaincu que je n’y avais pas droit. Quel est le mode d’emploi pour accepter que ton existence est sur le point de basculer ?


Tu l’as lu ?

N’hésite pas à laisser ton avis sur Amazon (et/ou les autres plateformes de lecture), car il peut aider d’autres lectrices et lecteurs à lui donner sa chance ! Merci à toi ^^


Mot de l’autrice

Avec toujours cette envie de repousser les limites, les miennes et celles de mon lectorat, j’ai voulu écrire une autre histoire d’amour entre deux adolescents.

Pari réussi ? À vous de me le dire ^^


Vos avis

Tes Yeux Noirs, c’est certes une nouvelle, pourtant, ce qu’elle va nous faire vivre sera plus intense que certains romans, bien plus qu’une simple romance, c’est une histoire bouleversante et qui saura nous étonner à de multiples reprises !

Vampilou

Le format court est bien choisi car l’intensité est présente à chaque moment du roman, avec des émotions différentes : l’ensemble matche bien, c’est complet et le tempo est entrainant, sans nous lasser.

Audrey Abadie

J’en ressors scotchée parce que j’ai tellement était surprise !
J’ai beaucoup aimé les joutes verbales entre Flo et Lou! C’est beau, c’est drôle, ça donne envie d’y croire et d’espérer ❤️

C’est addictif, on en veut plus ! Et c’est tellement bien écrit que je n’ai pas vu les pages passées. Fleur m’a rendue accro en quelques lignes à cette romance des plus belles ! ❤️

Anastasiase Roulent

Premier chapitre offert

PROLOGUE

Plus de lumière. Plus de courant. Plus aucun moyen de communiquer. Le silence seulement troublé par nos respirations. Les battements de mon cœur trop forts dans mes tympans, j’ai peur que ça éclate. J’ai peur tout court.

– Flo ?

Louis me rejoint à tâtons, j’entrelace nos doigts quand sa main me cherche. Je serre les miens, pas pour le rassurer, vu que je flippe grave, mais pour lui dire « je suis là ». Ça nous a toujours sauvés. On s’est sortis de toutes les situations, comme ça. Pourquoi ça serait différent ? À nous deux, on peut tout surmonter.

Chapitre 1

Flo, 17 ans

– Tu dors ?

– Non. Un peu.

Je me penche pour vérifier. J’aime bien l’emmerder et il s’en fout : ça équilibre.

– Yep, tu roupillais.

– Toi aussi.

– Ouais…

– Logique : on a vu cet épisode combien de fois ? Au moins cinq, non ?

– Par loin.

Je mets le générique sur pause et m’étire. On finit toujours dans des positions bizarres quand on mate une série. Là, je me souviens plus trop ce qui s’est passé, mais Louis s’est retrouvé par terre. Il a lentement glissé pendant cinquante-deux minutes, et je ne suis même pas sûr qu’il s’en soit rendu compte. Je détourne les yeux, je fais super gaffe à ne pas regarder mes potes trop longtemps. Même mon meilleur ami. Je sais bien qu’il n’a aucun souci avec moi. C’est un réflexe, ancré en moi. Dans les vestiaires au basket, par exemple, j’ai appris à toujours fixer le sol. Alors du coup, comme je suis habitué, même quand on est tous les deux, je me surveille.

Surtout quand on est tous les deux.

– On est immunisés, il reprend en allongeant les jambes.

Il grogne comme un vieux, mon grand-père fait ça parfois après être resté longtemps assis.

– C’est ton arthrite qui t’embête ?

Il envoie la main pour me balancer une tape derrière la tête. Je suis trop loin, et puis j’anticipe. J’aurais esquivé. Il laisse retomber mollement son bras sur le matelas.

– T’as l’air au bout de ta vie.

– J’ai la dalle, en fait. C’est quoi cet anniversaire où faut réclamer à bouffer ?

Je me lève et saute sur place pour faire passer l’engourdissement dans ma cuisse. Position de merde, c’est ce que je disais.

– T’as intérêt d’assurer, dans trois semaines.

C’est notre deal : on a moins d’un mois d’écart. Il me fait chier avec cette histoire d’être l’aîné, alors que clairement, ça compte pas. Mais pendant vingt-et-un jours, ouais, il se la joue grand frère. Le pouvoir lui monte vite à la tête. Quand ce sera mon tour, je me vengerai, vu que moi aussi, je deviens vite mégalo. Chaque année, on fait grimper les enchères, c’est la règle. Plus il fait sa diva, plus je vais lui demander des trucs improbables, et ça s’arrête jamais, au final.

Je l’entends me suivre dans les escaliers et j’allume en arrivant au rez-de-chaussée. Je grimace en passant devant le drapeau LGBT que ma mère a accroché au-dessus du canapé. Je devrais être content qu’elle me soutienne, même mon père a un pin’s avec les couleurs de l’arc-en-ciel sur le revers de sa veste de costume. Franchement, j’ai pas à me plaindre. J’ai lu des témoignages sur le Net où les ados se font mettre à la porte par leurs vieux. Ça craint, et ils préféreraient cette ambiance, c’est sûr. Je suis chanceux, j’en ai conscience, mais parfois ça me pèse un peu. Comme si du coup, y avait des attentes spéciales sur moi. Genre, faudrait que je devienne un porte-parole ? Une icône ? Putain, un martyr, aussi, non ?

Lou s’assoit sur un tabouret au comptoir séparant le salon de la cuisine.

– Je prendrai un ice cookie.

– Tu t’es cru au resto ?

– Ben ouais, c’est ton job. Oublie pas les vermicelles. Et le parasol. T’en as avec des paillettes ?

– Sûr. Ça fait partie du kit du parfait petit gay qu’on t’envoie quand tu fais ton coming out. Tu reçois une box avec des licornes, du fard à paupières fuchsia et des parasols à cocktail brillants.

– Je m’en doutais. T’auras pas de souci, alors. Tu peux me servir ça maquillé ?

Je lui montre mon majeur et il se marre comme le con qu’il est. Il surfe déjà sur son portable, il a reçu plein de notifs pendant l’épisode. Sûrement Aurore. J’ai cru que j’allais balancer son tél par la fenêtre. Il fait ça au ciné, aussi. Ça me rend ouf. Comme ces gens qui viennent pour bouffer et pas regarder le film. Je ne me fatigue plus à lui expliquer pourquoi c’est un manque de respect. Il le sait, il n’est pas stupide, et je le soupçonne de faire exprès. Avant, il ne le réalisait pas. Maintenant ? Le bonus, c’est de me contrarier. Et son passe-temps préféré est de provoquer des discussions en sachant qu’on n’est pas d’accord. Il appelle ça « les débats » et il est convaincu que ça développe l’esprit. Je crois qu’il a lu ça dans un numéro de Sciences et vie junior, y a un bail. Je ne peux même pas lui rejeter la faute dessus, c’était mon exemplaire.

Je m’applique à réaliser son sandwich : un énorme cookie, de la fournée que ma mère a préparée ce matin, une boule de glace vanille artisanale qu’elle achète quand elle sait que Louis passe la nuit à la maison, les vermicelles de mon cul et un autre cookie. Je fouille dans le tiroir où on range les bougies, j’en sors pas : Louis ne les souffle plus depuis ses 7 ans. Mais j’y trouve un mini parasol turquoise avec des étoiles dessus, ça fera le job. Je le plante dans le cookie, ça le pète un peu, mais tant pis. Normalement, je fais en sorte qu’il n’ait rien à reprocher à mon service, vu que dans pas longtemps, ce sera mon tour. Plus j’assure, plus il est obligé d’assurer. Question de fierté. C’est pour ça qu’on essaie de pas se foirer, pour pas donner à l’autre l’opportunité de se déclarer vainqueur. Personne gagne, hein, mais on essaie malgré tout. Alors le biscuit cassé, il ne dit rien, mais je sais déjà que ça ressortira.

– Pas de confettis ?

Je savais qu’il reviendrait à la charge, avec ses confettis. C’est une running joke. À 12 ans, il m’avait fait une liste de ce qu’il voulait pour sa soirée. On était trop jeunes pour que mes parents nous lâchent la baraque, mais ma mère m’aidait à préparer, donc ça compensait. Elle avait mis son veto sur les confettis, trop chiant à nettoyer. Ce soir, elle n’est pas là pour m’en empêcher : je récupère dans ma poche une poignée de petits bouts de papier (que je me suis bien emmerdé à perforer toute la semaine dans des vieux contrôles), et je les lui balance à la face. Il s’y attendait tellement pas, la bouche ouverte sur le point d’engloutir une cuillerée de son dessert, qu’il bouffe du papier en même temps que de la glace, et je me prends un fou rire à le voir recracher et s’en foutre partout. Ça dégouline sur son menton, il s’essuie et s’en étale sur le dos de la main. Les confettis forment une espèce de pâte dégueu avec la glace, je me marre sur son compte pendant qu’il attrape du Sopalin sans me quitter des yeux.

Quand il me regarde comme ça, même si je sais qu’il est vénère et qu’il réfléchit déjà à sa vengeance, ça me fait un truc. Dans le bide, là, ça me fait un truc que je ne devrais pas ressentir. Pas pour lui. J’ai pas le droit. Pas le droit d’avoir la sensation d’être face à l’évidence.

Mon corps s’en tape de ce qui est autorisé ou pas, et je dois penser à quelque chose de radical pour ne pas me payer la gaule pendant que mon BFF me fusille de ses yeux clairs.

Les boutons sur le front de Lola.

Efficace, mais pas autant que je le voudrais. Pas grave, je suis planqué derrière le comptoir, ça me laisse quelques minutes pour me contrôler. Depuis le temps, je gère.

– T’es mort, mec ! il me menace en reprenant une bouchée.

– Tu voulais des confettis !

– On en reparle dans trois semaines.

Il ne va pas me louper, c’est sûr. J’aime bien qu’il réfléchisse à comment me faire payer. Même si, pour le coup, je n’ai pas fait exprès. Louis a toujours des idées démentielles. Moi, je suis plutôt un suiveur, à ce niveau, il me faut un temps d’adaptation, mais une fois que je suis dans le délire, on est aussi motivés l’un que l’autre. C’est comme ça qu’on s’est retrouvés la semaine dernière à piquer les nains de jardin de madame Mhulin. On a dû les rendre, mais en attendant, c’était top et on a mené une opération commando énorme. Je ne peux pas m’empêcher d’avoir hâte de découvrir ce qu’il va inventer en représailles. C’est aussi fun que relou à subir.

Le chaud et le froid, ça résume plutôt bien les sensations que j’éprouve avec Louis. Pour tout. C’est pas de sa faute, je me fais un trip tout seul. À tel point que j’ai dérogé à notre accord.

– J’ai un cadeau, je balance en rangeant le pot de vanille au congélo.

– Pas de cadeau, Flo : tu déconnes.

Il ne plaisante plus, c’est notre deal, il a raison. On a nos soirées et ça suffit. Il a pas trop de tunes, alors ça le dérange quand on n’est pas à égalité. Fierté mal placée, pourtant je respecte ça. J’ajoute :

– Ça m’a coûté moins de dix balles, si ça peut te rassurer. On pourrait même dire que c’est un cadeau de non-anniversaire.

Je me retourne, il n’a plus de glace sur le visage, mais ses lèvres sont encore humides. Les miennes s’assèchent et je me perds. Une seconde seulement, je connais mes limites. Mais cette seconde, cette putain de seconde… je m’en nourris. J’alimente une envie condamnée à rester inassouvie. Elle s’éclipse aussi vite qu’elle est venue. Je sais qu’elle est là, en fond, et de temps en temps, elle me rappelle qu’elle ne disparaîtra pas. Et moi, j’encaisse. Je mens, je fais semblant, et j’enchaîne.

Il ne fait pas vraiment la gueule, mais il n’est pas joie et euphorie non plus. J’ai été bien inspiré de pas emballer son cadeau, ça aurait été trop. Je sors le collier de ma poche arrière, des confettis s’incrustent, et je le lui tends sans un mot. Si j’en dis trop, j’ai peur que ça le contrarie vraiment. Il ouvre la main et je laisse tomber le cordon dans sa paume, le pendentif au centre. Je ne veux pas le mettre mal à l’aise, alors je termine de débarrasser.

– On lance un autre épisode ? Tu mangeras ton truc devant ?

Je chope un paquet de barres Pepito, vu que j’ai grave la dalle aussi, et je passe derrière lui pour remonter dans ma chambre. Il m’arrête en attrapant mon bras. – Tu t’en souviens ?

0 Partages