Dans l’article sur le lectorat de romances, je te disais tout le bien que je pense de ces lectrices. Mon avis n’a pas changé, et il est valable pour la majorité des autrices également. Mais comme je le dis souvent, tout n’est pas tout blanc ou tout noir, et parfois, tu te prends des scuds sans comprendre d’où ils viennent. Les rumeurs en font partie.

La première fois que j’ai entendu des rumeurs à mon sujet, j’ai d’abord levé les yeux au ciel. Y a vraiment des gens qui s’ennuient dans leur vie. Et puis j’ai souri. Finalement, on ne quitte jamais vraiment les cours du collège, quel que soit le milieu, non ? Allez, je te dévoile 3 rumeurs à mon sujet, ainsi que la triste réalité, bien ennuyeuse à côté de ces bruits de couloir…

Rumeur n°1 : j’ai plagié un roman

Cette rumeur est la toute première qui est venue à mes oreilles, à mes débuts d’autrice. J’étais toute jeune dans le milieu de l’édition et croyais encore jusque là que tout n’était que paillettes et arcs-en-ciel. Et puis une autrice que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam m’a dit un jour “Désolée, je ne peux pas accepter ta présence à tel repas d’auteurs. Tu as plagié le livre de Bidulette, et vraiment, je ne cautionne pas.”

Je ne connaissais pas non plus Bidulette. Sur le moment, cette histoire m’a rendue malade. Dans ma famille, on déteste l’injustice, et pour le coup, c’en était une sacrément énorme, à mes yeux. En plus, c’est si facile de vérifier une accusation de plagiat ! D’ailleurs, la rumeur n’a pas duré, et je n’ai même pas cherché à me justifier tant c’était ridicule. Mais oui, j’ai passé quelques nuits blanches et versé quelques litres de larmes, à cette époque. Depuis, je me suis endurcie, et surtout, je me fiche de ce que les autres pensent de moi.

La vérité ? Le roman de Bidulette et le mien se déroulaient tous les deux à Paris, dans le passé, mais à 50 ans d’écart. C’était là le seul point commun. Dommage, une accusation fondée de plagiat aurait sûrement porté mon nom plus loin, non ?

Rumeur n°2 : je signe chez un nouvel éditeur.

Encore des bruits de couloir, cette fois véhiculant l’information suivante : “Fleur Hana quitte le navire et essaie d’embarquer avec elle toutes les autrices de la maison pour signer chez son nouvel éditeur.”

J’aurais tellement, mais tellement aimé avoir ce pouvoir et ce type d’influence. Celui d’être une meneuse et de dire “Venez les gars, personne n’est éternel !” en pointant un glaive étincelant vers le soleil levant. Sauf que je n’étais moi-même pas au courant d’avoir signé avec un autre éditeur. C’est tout de même embarrassant de débaucher des autrices dans ces conditions… Ah, on me souffle à l’oreillette que ça non plus, ça ne s’est pas produit, et que je n’ai jamais essayé de partir avec mes collègues. Décidément, j’ai tout loupé !

La vérité ? Cette rumeur ne s’est basée sur… rien. Peut-être l’ennui profond de certaines ? L’imagination débordante d’autres ? Quoi qu’il en soit, c’était marrant d’être la dernière au courant. Mais pas aussi amusant que pour la prochaine… (oui, je tease, n’oublie pas que mon métier est de raconter des histoires ;))

Rumeur n°3, ma préférée : je suis alcoolique.

Comme tout le monde le sait, c’est d’ailleurs pour ça que mon éditeur m’a mise à la porte. Parce que je me suis pointée un matin en dédicace totalement torchée. Le fait qu’il n’y ait aucun témoin n’est pas recevable, votre honneur ! On vous dit qu’elle est alcoolique, c’est qu’elle l’est !

La vérité ? Je souffre d’une maladie chronique invisible, comme beaucoup de personnes : le syndrome de l’intestin irritable. Cette maladie m’a empêchée un matin de me rendre à une dédicace. Comment sommes-nous passés de ça à la rumeur ? C’est un mystère. Surtout que tous ceux qui me connaissent savent que non seulement je ne bois presque jamais (voire jamais) d’alcool, mais que lorsque je m’autorise un verre de bon moelleux (le seul alcool que j’aime, et c’est uniquement parce qu’il est très sucré), il me suffit à être pompette. C’est le lot de tous ceux qui boivent peu ou pas : quelques gorgées montent vite à la tête. J’avoue que le coup de la maladie est tellement moins glamour que la rumeur… Toutes mes excuses, ma vie est d’un ennui, t’as pas idée !

En conclusion…

La vérité est bien moins folklorique que les rumeurs, c’est d’ailleurs sûrement pour ça que les bruits de couloirs naissent.

Ce qu’il faut retenir, est que ça ne mérite pas de se justifier : les personnes qui te connaissent savent ce que tu vaux. Et puis quelque part, j’aime bien me dire que c’est un signe du début de la gloire, non ?

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